26 juin 2011

Largage dominical #23

..."le problème dans la vie, ça peut être aussi de se sentir potentiellement capable d'aimer et de donner, tout en ne trouvant aucun écho à la mesure de ses propres réverbérations internes à l'extérieur "

Cette phrase, c'est Jp qui l'a écrite dans un commentaire sur le blog de Flash.
Juste et beau, c'est ce qu'a écrit Flash à Jean-Philippe à propos de cette phrase.
Y a pas grand chose à ajouter, c'est plus que vrai.
Cette phrase méritait bien de m'inspirer un retour vers ma rubrique "largage dominical", sur mon blog qui souffre depuis quelques temps d'une relative désertion, précisément parce que je suis extrêmement préoccupée par mes réverbérations internes, et qu'il est parfois difficile de les transcrire ici.
Merci Jean-Philippe.
Bises


23 juin 2011

l'Adieu à ma blonde

Quarante ans. Depuis quarante ans, rien ne pouvait me séparer de toi. 
Tout avait commencé dans la cour du lycée, par la découverte de ta saveur interdite et donc, délicieuse. Et puis, jour après jour, au fil du temps, tu étais devenue ma compagne, envahissant de ton odeur tenace mes vêtements et mes cheveux, omniprésente, jusqu'à presque devenir le prolongement naturel de ma main droite, dans laquelle tu te trouvais si souvent, attendant d'être allumée.
Tu as bercé ma jeunesse et accompagné ma longue vie de fumeuse. Je t'ai parfois adorée, parfois détestée en contemplant, rêveuse, le minuscule brasier orangé éclairant mes nuits sans sommeil. Et quand chaque matin je revenais vers toi, je me disais, inquiète, que jamais je ne pourrais vivre sans toi. 
J'ai aimé ta saveur partagée avec les amis et ton heureux mariage avec mon café du matin. Et quand, après l'amour, tu venais magnifier un instant suspendu et remplacer les mots. J'ai maudit tant de fois ton odeur sur ma peau les lendemains d'abus, quand la tête embrumée, je jurais de ne plus jamais te rallumer, vaguement coupable et furieuse d'être à ce point dépendante de toi. Je me suis rebellée pour te garder, invoquant ma liberté au moment où quelques uns tentaient de me convaincre de t'abandonner. Et quand en écrivant, vidant comme une automate le paquet blanc et doré qui ne me quittait jamais et te laissant parfois te consumer dans le cendrier ou répandant ta cendre sur mon clavier, ce moment où je pourrais me passer de toi me paraissait encore bien improbable. 
Tu jaunissais mes dents, tu ternissais mon teint, tu me cassais la voix, mais régnais sans partage sur mon existence, et voilà qu'aujourd'hui, ma passion pour toi est morte.
Elle s'est éteinte en douceur, sans effort, sans hâte. Et en quelques semaines, sans presque y penser, je me suis vraiment guérie de toi.
Je retrouve mon souffle, et mon palais s'émeut des saveurs subtiles qui disparaissaient derrière ton goût acre.
J'oublie déjà la tienne.
Adieu, ma blonde, ma clope.
Sans regrets.

21 juin 2011

Cinq mois

Elles me sont divines, ces échappées vers vous que j’attends chaque fois comme j’attends l’aurore, lors des nuits sans sommeil, sous la lune dorée. Elles ont effacé le gris de mes chagrins et changé pour longtemps la couleur de mon ciel. Elles éclairent mes jours de la lueur aimée que je lis dans vos yeux et que je garde en moi quand je quitte à regret vos bras pour reprendre ma route. Leur saveur est intacte dans mon souvenir quand les jours loin de vous s‘écoulent doucement. Qu’importe l’avenir, qu’importent les serments quand compte tant l’instant où je marche vers vous, cœur battant, pour retrouver l’envie de prononcer ce mot que me souffle mon coeur : encore.

13 juin 2011

J'aime pas qu'on ne prenne en photo !





- Nino, tu sais que si t'arrêtais de gigoter, elles seraient super mes photos !
- Ouais, mais j'aime pas qu'on me prenne en photo !