29 juillet 2011

Jeu poétique

Allez, un petit jeu en ces journées d'été.
Qui a écrit ce poème, selon toi ?




A force de frayer
Avec toutes nos paroles
A force de voisiner
Avec nos sombres passions
A force de s'effriter
Sur les corps de passage
L'Amour a-t'il perdu
Innocence et plaisir ?


A force de renaître
Auréolé de rêve
A force de s'émouvoir
Au passage du désir
A force de s'animer
Au couleurs de la vie
L'Amour se perpétue
Dans l'être
Et l'infini

Clair de lune

Lune mellifluente aux lèvres des déments
Les vergers et les bourgs cette nuit sont gourmands
Les astres assez bien figurent les abeilles
De ce miel lumineux qui dégoutte des treilles
Car voici que tout doux et leur tombant du ciel
Chaque rayon de lune est un rayon de miel
Or caché je conçois la très douce aventure
J’ai peur du dard de feu de cette abeille Arcture
Qui posa dans mes mains des rayons décevants
Et prit son miel lunaire à la rose des vents



Guillaume Apollinaire
Alcools
1913

21 juillet 2011

Musique de l'Ame

Un voyage dans les musiques de l'âme.
Et une dédicace spéciale pour toi qui te reconnaîtras

20 juillet 2011

La marée, je l'ai dans le coeur


















Elle se retirait. Elle le sentait depuis plusieurs jours déjà, à quelques frémissements de son être, qu'elle allait se retirer. Pas dans sa coquille, l'a pas de coquille. Pas dans sa bulle, trop fragile sa bulle. Non elle se retirait au-delà d'elle-même. Loin. Très loin. Aussi loin que l'océan aux marées d'équinoxe. Sauf qu'elle ignorait si elle reviendrait dans 6 heures 6 jours ou 6 semaines. L'avait plus de lunaisons, plus de saisons non plus. 
Mais de quoi je me protège, là ?... Arrête ! Cesse de te poser des questions, vire tes points d'interrogation, suis ton mouvement intérieur, laisse dériver, retire-toi. Tu reviendras de toute façon. Je reviendrai de toute façon. "La marée je l'ai dans le coeur...."





Ce texte volé chez Blogamû, il résonne en moi comme si je l'avais écrit....

17 juillet 2011

Largage dominical #24




I've been out walking
I don't do too much talking these days
These days
These days I seem to think a lot about the things that I forgot to do
And all the times I had the chance to

I stopped my rambling
I don't do too much gambling these days
These days
These days I seem to think about how all the changes came about my ways
And I wonder if I'd see another highway
I had a lover
I don't think I'll risk another these days
These days

And if I seem to be afraid to live the life that I have made in song
It's just that I've been losing
So long

La la la la la
La la

I've stopped my dreaming
I won't do too much scheming these days
These days
These days I sit on cornerstones and count the time in quarter tones to ten
Please don't confront me with my failures
I had not forgotten them 



16 juillet 2011

Le visage triomphant


L'ombre se couche sur nos plaines,
S'allonge dans nos puits, annule nos maisons.
La vie est trop nombreuse, la barque trop fragile
Pour traverser seul les images et le temps.
Parfois tu deviens fleuve où rien ne se reflète.
Tu deviens sables étourdis par le vent.
Sous l'étoile impassible : ce passant qui chancelle,
Ce chêne sans oiseau, cet oiseau sans allié.
Tu revois tu revois les prairies qui saignent,
Longue est la misère brèves sont nos cités.
Les amours se dénouent le soleil reste le même,
Tu ne vois nulle part le bourreau terrassé.
La vie est trop nombreuse, la barque trop fragile
Pour traverser seul les images et le temps.
Mais toujours on trouve une voix pour la sienne,
Mais toujours on trouve un regard pour sa peine.
Je chante le visage triomphant.
Andrée Chedid

15 juillet 2011

Sur l'Amour

Alors Almitra dit : "Parle-nous de l'Amour."
Puis il leva la tête et posa le regard sur le peuple, et le silence régna. Et avec sa formidable voix il dit :
"Quand l'Amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses chemins soient escarpés et sinueux.
Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui,
En dépit de l'épée cachée dans son plumage qui pourrait vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui,
Même si sa voix fracasse vos rêves, comme le vent du nord saccage les jardins.
Car comme l'amour vous coiffe d'une couronne, il peut aussi vous clouer sur une croix.
Et de même qu'il vous invite à croître, il vous incite à vous ébrancher.
Autant il s'élève au plus haut de vous-même et caresse les plus tendres de vos branches qui frémissent dans le soleil, 
Autant cherche-t-il à s'enfoncer au plus profond de vos racines et à les ébranler dans leurs attaches à la terre.
Pareilles à des brassées de blé il vous ramasse et vous enlace.
Il vous bat au fléau pour vous mettre à nu.
Il vous passe au tamis pour vous libérer de votre balle.
Il vous moud jusqu'à la blancheur.
Il vous pétrit au point de vous assouplir ;
Et puis il vous livre à son feu vénéré, afin que vous deveniez pain sacré pour le saint festin de Dieu.
Voilà tout ce que l'amour fera en vous afin que vous puissiez déceler les secrets de votre coeur, et devenir ainsi un fragment du coeur de la Vie.
Mais si dans votre crainte vous ne recherchiez que la paix et le plaisir de l'amour,
Alors il serait préférable pour vous de couvrir votre nudité, de quitter l'aire de battage de l'amour,
Et de vous retirer vers un monde sans saisons,
Où vous pourrez rire sans laisser jaillir tous les éclats de votre rire,
Où vous pourrez pleurer sans jamais libérer toute l'amertume de vos larmes.
L'amour ne donne rien que lui-même et ne prend rien que de lui-même.
L'amour ne peut posséder et ne peut être possédé 
Car l'amour suffit à l'amour.
Quand vous aimez, ne dites pas : "Dieu est en mon coeur", mais plutôt : "Je suis dans le coeur de Dieu".
Et ne croyez pas que vous pouvez diriger le cours de l'amour, car si l'amour vous trouve digne, lui-même guidera votre coeur.
L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et devez éprouver des désirs, que ceux-ci soient les vôtres :
Fondre en un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur d'un flot de tendresse.
Etre blessé par votre propre perception de l'amour ;
Et laisser couler votre sang volontairement et joyeusement.
Vous réveiller à l'aube avec un coeur ailé et rendre grâce à Dieu pour cette nouvelle journée d'amour ;
Vous reposer à midi et méditer sur l'extase de l'amour ;
Regagner votre foyer au crépuscule en remerciant le ciel ;
Puis vous endormir avec une prière pour l'être aimé en votre coeur et un chant de louanges sur vos lèvres."

KHALIL GIBRAN
"Le Prophète"

14 juillet 2011

11 juillet 2011

10 juillet 2011

Art infiltrant


Il s'appelle JR. 
Et considère la rue comme la plus grande galerie d'art au Monde.
Depuis 2004, il travaille, expose, voyage, filme.
Comme beaucoup de gens j'ai vu les photos de son projet FACE2FACE en 2007, mais je n'en savais pas plus sur ce jeune artiste de 27 ans.

Pour ceux que ça intéresse , c'est ici que ça se passe 

Et puis ici, pour aller plus loin si ça vous dit !
Avis aux Défifoteurs !

06 juillet 2011

Toi la seule

Toi la seule et j’entends les herbes de ton rire 
Toi c’est la tête qui t’enlève 
Et du haut des dangers de mort 
Sur les globes brouillés de pluie des vallées 
Sous la lumière lourde sous le ciel de terre 
Tu enfantes la chute. 
Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant 
Ni la paresse ni la fatigue 
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles 
Au matin des caprices 
Au matin des caresses visibles 
Au grand matin de l’absence la chute. 
Les barques de tes yeux s’égarent 
Dans la dentelle des disparitions 
Le gouffre est dévoilé aux autres de l’éteindre 
Les ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.

Paul Eluard
(L'Amour la poésie- Premièrement- VI. Toi la seule)

05 juillet 2011

l'Aube je t'aime

L’aube je t’aime j’ai toute la nuit dans les veines 
Toute la nuit je t’ai regardée 
J’ai tout à deviner je suis sûr des ténèbres 
Elles me donnent le pouvoir 
De t’envelopper 
De t’agiter désir de vivre Au sein de mon immobilité 
Le pouvoir de te révéler 
De te libérer de te perdre 
Flamme invisible dans le jour. 
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur le jour 
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur moi-même.

Paul Eluard
(L'Amour la poésie- Premièrement- XX. L’aube je t’aime)

l'Amour la poésie

Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage des tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde Clairs et perpétuels.
Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

Paul Eluard - 

(L'Amour la poésie, Premièrement -VIII. Mon amour pour avoir figuré mes désirs)