09 décembre 2010

Terre chaude

Il est possible qu'un jour, au bout d'une ruelle, je passe sans la voir devant ta maison où je ne suis jamais entrée. Je t'imagine flânant le long du marché du dimanche, ta main serrant une autre main, comme tu serrais la mienne dans ce petit port que tu avais choisi pour notre premier rendez-vous. Peut-être  en ce moment lis-tu dans la douce chaleur du poêle, ignorant le désordre des objets dispersés parmi lesquels tu as peut-être déjà oublié la bougie que je t’avais donnée et que tu allumais pour t'imprégner encore du parfum de ma chambre. J’écoute en t’écrivant un disque que tu m’as offert, bousculée par le texte dont la langue crue résonne étrangement en moi. Je pense au vert jade de tes yeux absorbant mon plaisir, aux caresses légère de tes mains sur mon visage, effleurant mon front et suivant la courbe de mon nez jusqu’à mes lèvres. Je nous revois le premier jour courir en riant sous la pluie en serrant nos corps sous ton parapluie dans le fracas de l’orage de cette nuit si douce. J’entends encore ta voix sensuelle attisant soir après soir le désir de te retrouver. Elle le restera à mon cœur qui palpitait si fort et bat sans s’affoler pourtant de ne pas te revoir. En écoutant les mots d’un autre me raconter ce que peut-être tu n’aurais pas su dire, je referme les yeux pour réveiller le rêve d'avoir été pour toi comme une terre chaude.

7 commentaires:

É. a dit…

Ouille.

helenablue a dit…

Terre chaude, j'aime cette image...

piedssurterre a dit…

Ah ! les hommes !

manouche a dit…

la voix c'est essentiel.Les séducteurs du cinéma muet ont été sévèrement sélectionnés pour la poursuite de leur carrière dans le parlant!

piedssurterre a dit…

Manouche:0)

anne des ocreries a dit…

J'adore te lire. Vraiment j'adore te lire.

piedssurterre a dit…

Anne ma douce Anne, je n'oublie pas que tu fais partie de ceux qui m'ont encouragée et donné envie d'écrire il y aura bientôt un an...Et ça me touche vraiment que tu aimes ce que j'écris.