06 mars 2012

Merveilles desprogiennes


Les hommes ne mangent pas de la même façon selon qu’ils vivent dans le Nord ou dans le Sud du monde.
Dans le Nord du monde, ils se groupent autour d’une table. Ils mangent des sucres lourds et des animaux gras en s’appelant « cher ami », puis succombent étouffés dans leur graisse en disant « docteur, docteur ».
Dans le sud du monde, ils sucent des cailloux ou des pattes de vautours morts et meurent aussi, tout secs et désolés, et penchés comme les roses qu’on oublie d’arroser.





Survient l’hiver. Les nouveaux cons tuent la dinde. Les nouvelles dindes se zibelinent. Les nouveaux pauvres ont faim. Les charitables épisodiques, entre deux bâfrées de confit d’oie, vont pouvoir épancher leurs élans diabétiques. Le plus célèbre des employés de Paul Lederman ouvre les « restaurants du coeur ». Des tripiers doux, des épiciers émus, de tendres charcutiers, le coeur bouffi de charité chrétienne et la goutte hyperglycémique au ras des yeux rouges, montrent leur bonté à tous les passants sur les trois chaînes.


Chronique de la haine ordinaire / Éditions du Seuil / 

6 commentaires:

manouche a dit…

C'est délicieusement cruel et plein de trouvailles imagées. Il était vraiment talentueux!

almanachronique a dit…

Cornélien!!!
Desproges assassine Coluche...

Comme il est dit dans la "Négresse Verte":
Qu'il est joli garçon l'assassin de papa!!

zoé lucider a dit…

Il manque cruellement. Un Stéphane Guillon ne lui arrive pas à la plante des pieds.Il ne plastronnait jamais.

anne des ocreries a dit…

Ah, qu'il nous manque, qu'il nous manque, qu'il nous manque !! bon sang !!

seb haton a dit…

Je l'aime tant...
Au moins lui restera-t-il dans l'histoire des Lettres :-)

Grand-Langue a dit…

Suffit de le relire et de regarder autour de nous pour réaliser qu'il est là et ce qui l'entourait est toujours là!

Grand-Langue