27 mars 2012

Notre maison

Dans quelques mois, quelques semaines au mieux , nous quitterons notre maison. La décision de la mettre en vente s'est imposée presque naturellement. "Notre maison" n'est pas à nous, elle appartient à la banque. Et la banque, je ne veux plus la payer.
Tout est allé si vite. Cette petite baraque,sa douceur, sa jolie lumière, son jardin ou il fait si bon s'asseoir sous le citronnier, en se laissant caresser par les rayons du soleil, j'en suis tombée amoureuse il y a quatre ans. 
C'est en analysant attentivement les échéanciers pour la première fois que j'ai réalisé vraiment que cette acquisition était une idiotie, un piège absolu. Un petit rêve qui engraisse une banque depuis quatre ans, depuis que je rembourse chaque mois des sommes délirantes. 
Ca fait un peu froid dans le dos quand même, d'additionner les chiffres et de se rendre vraiment compte que les années passant, je ne suis propriétaire que d'un rêve vide de sens.
Non, je ne veux pas m'échiner encore pendant des années juste pour garder encore l'illusion d'être chez moi. 

Je réalise aujourd'hui à quel point je me suis laissée aveugler par cette envie qu'on peut avoir un jour de devenir "propriétaire". 
A l'époque de cette folle acquisition, je gagnais bien ma vie, je me suis emballée, au point de refuser de voir que jamais je n'aurais fini de la payer, je serai sans doute morte avant ! 
Certains matins comme aujourd'hui, je me dis que je devrais cesser mon activité de négociateur immobilier, pour éviter à des gens aussi aveuglés que je l'étais quand j'ai contracté ce prêt de s'embarquer dans la grande galère des prêts sur tant d'années ! Quand le rêve d'être chez soi est trop fort, on perd la raison. Et la raison, ce serait de ne jamais permettre à une banque d'encaisser pendant 25 ans des sommes folles qui durant des années remboursent avant tout les intérêts du prêt consenti, et ensuite le capital. 


Je suis vivante, lucide, et un peu en colère contre moi même quand même.
Alors basta !

7 commentaires:

anne des ocreries a dit…

Surtout en ce moment où l'immobiler atteint des prix ridiculement et artificiellement grossis ! Nous, nous avons fait choix d'acheter, le jour où (à l'époque) nous avons compris que louer nous coûtait aussi cher qu'acheter ! mais c'était juste avant l'envolée de la spéculation, qui a rendu un bien comme le nôtre hors d'atteinte pour des milliers de gens. La moindre cabane de nos jours atteint des prix hallucinants.

Donc, tu vas t'en séparer, et où cherches-tu ? que cherches-tu ? une autre petite maison du même type, ou un appartement ?

almanachronique a dit…

C'est injuste!
nous aussi, comme Anne, nous avons acheté en un temps où rembourser était possible. La maison est bien à nous, mais....impossible d'émigrer sous des cieux plus cléments ou plus proches de nos amis. Notre maison ne peut pas servir à en acheter une autre... alors on reste là... cloués.
Quitter sa maison, c'est déchirant, c'est certain... mais c'est le prix de la liberté aussi...
Où que tu ailles, je te suivrai... si tu veux...
Je t'embrasse
P

gaétan a dit…

L'important c'était de vivre ton rêve et d'en sortir avant qu'il ne se transforme en cauchemar...

manouche a dit…

Je compatis à ta déception cependant ta jeunesse dynamique va y gagner en liberté-mobilité, c'est ce que je te souhaite du fond du cœur.

piedssurterre a dit…

Aucune déception et pas de tristesse non plus, je ne suis pas assez attachée à cette maison pour ça. Je vais redevenir locataire, et puis voilà.

Doodle a dit…

Une photo du citronnier en fleurs ?

piedssurterre a dit…

Cette année, il a fait si froid qu'il a gelé...Il est tout rabougri ce printemps, et je ne sais pas s'il reprendra vie avant mon départ...