30 janvier 2011

Capitale de la douleur

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et ton sang coule dans leurs regards.


Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926

4 commentaires:

anne des ocreries a dit…

Oh, que j'aime ! C'est très beau, merci Framb' !

Jean-François Thibaud a dit…

Ouais. Un grand classique.

Merci de nous rappellez à son souvenir

Jean-François Thibaud a dit…

euh.. de le rappeler à notre souvenir...

je crois bien...

manouche a dit…

Quelquefois être critique:"la paille des astres",quel désastre!