06 juillet 2011

Toi la seule

Toi la seule et j’entends les herbes de ton rire 
Toi c’est la tête qui t’enlève 
Et du haut des dangers de mort 
Sur les globes brouillés de pluie des vallées 
Sous la lumière lourde sous le ciel de terre 
Tu enfantes la chute. 
Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant 
Ni la paresse ni la fatigue 
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles 
Au matin des caprices 
Au matin des caresses visibles 
Au grand matin de l’absence la chute. 
Les barques de tes yeux s’égarent 
Dans la dentelle des disparitions 
Le gouffre est dévoilé aux autres de l’éteindre 
Les ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.

Paul Eluard
(L'Amour la poésie- Premièrement- VI. Toi la seule)

3 commentaires:

anne des ocreries a dit…

oh, il est fort celui-ci !

helenablue a dit…

L'incontournable et l'inimitable Eluard! Comme j'aime sa poésie. Merci Fanfan!

seb haton a dit…

On dirait que tu l'aimes, l'ami Paul ;)
C'est également mon cas.
Bien à toi dans ta recherche des réverbérations intérieures,
séb h.