16 février 2011

Spleen

Partir pour un grand et paisible voyage, tout quitter, renaître, effacer les chagrins, panser les plaies de mes enfants, passagers eux aussi du radeau qui traverse l’orage, ballotés comme moi, silencieux et rêveurs. Lucides et confiants, ils savent que le sourire léger accroché à mes lèvres est pour eux, chaque jour. Ils l’appellent mon sourire caché et le chérissent sans le comprendre. Leurs rires ne résonnent plus de la légèreté de l’enfance. Ils s’en sont éloignés imperceptiblement, si tôt, trop tôt. Ils portent le fardeau de leur frêle impuissance face au poids de nos choix, si lourds de conséquences, nos choix qui les arrachent à leur douce existence. Ils apprennent le manque, et l’absence. Souvent leurs yeux me disent leur tristesse. Derrière leurs cils soyeux, leurs rêves sont secrets. Je rêve moi aussi de ces couleurs nouvelles que le ciel déchargé de la pluie de leur chagrin sans larmes apportera peut-être demain sous un nouveau soleil.

4 commentaires:

zoé lucider a dit…

Les êtres se forgent aussi par leurs douleurs. L'essentiel reste ton sourire léger pour eux.

manouche a dit…

Impuissants devant la complexité de ceux que nous aimons ,bras ouverts et sourire que faire de mieux?

anne des ocreries a dit…

Je te le souhaite. De toute façon, les vies "parfaites", ça n'existe pas. Il faut vivre nos vies, c'est ainsi. Ils y arriveront, et toi aussi.

É. a dit…

Que son règne vienne, à ce ciel sans larmes, asti.