05 septembre 2011

Une Île


















































































































Ma maison désertée pendant ces quelques jours a gardé l’odeur de l’encens que j’y ai fait brûler avant de la quitter. Je reprends contact avec ma vie en défaisant nos sacs. Je regarde dehors la pluie tomber et j’imagine la même fenêtre, celle de cette maison que j'aime, ouverte sur la mer, sur les bateaux dansant dans le vent de là bas. Dans quelques jours, il ne restera presque rien de cette escapade, quelques photos, quelques souvenirs revenant au cœur d’une conversation. Peu à peu nos corps perdront les belles couleurs que leur a donnés cette semaine marine. Un pincement léger au cœur me rappelle à la douceur de cette île si jolie. Cette île où je m’imagine désormais en hiver, passagère d’une chambre donnant sur la mer, le vent faisant claquer les volets. Je rêve soudain de m’offrir ce luxe inouï: Passer un mois entier à Porquerolles, avec pour seuls bagages mon ordinateur, mon appareil photo, un cahier et des stylos.
Une image me revient sans cesse. Celle de Claudine, cette femme rencontrée là bas.
Cette femme au doux visage fatigué, revenue sur son île après vingt ans d’absence.
Elle a su si bien m'expliquer en quelques mots la vraie vie sur son île, me raconter la douceur de l’hiver après la dureté du labeur estival de ceux qui se battent pour y rester. Comme beaucoup d'îliens, elle lutte chaque jour pour subsister en composant avec la mafia du fric créée par ceux qui ont les moyens de s’offrir les maisons et les appartements reloués l’été à prix d’or aux touristes, à ceux qui, comme moi, viennent s’imprégner pendant quelques heures ou quelques jours de la magie de ce petit paradis sauvage et beau, où le mètre carré atteint des prix m'interdisant tout rêve de m'y installer.
Je songe à y revenir, seule cette fois ci, à m’enfermer, à écrire.
Car s’il est une chose que cette petite île magnifique a réveillé en moi, c’est  l'envie d’écrire.
Mais en attendant, retour à la routine.
La course dès le matin jusqu’à la fin du jour.
Les nuits sans sommeil passées à se demander pourquoi c’est si difficile parfois.
Les lendemains pleins d’espoir.
Et ainsi de suite.
La vie, la vraie vie, la mienne.
Celle où on se dit chaque jour que, forcément, demain sera meilleur.
Et l’attente, la stimulante attente du retour en solitaire sur le joli caillou, bientôt, peut-être.
  

5 commentaires:

anne des ocreries a dit…

Je te le souhaite vraiment, vraiment. Ils sont beaux, tes goélands.....c'est un bel endroit, mais l'été, ça doit puer le fric à l'instar d'une fosse d'aisance.

gaétan a dit…

¨Ca donne le goût de repartir

jp la terre a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=0aw-HiMW-3M&feature=related

ça te dirait, un weekend chipolata, loin des rivières de vies habituelles, dans le lagon de l'abandon intégral ?
la poésie se fuit elle même dans les lagons de l'abandon et du doute résigné comme la résine aglutinée sur le masque du rictus figé en momie défenestrée.

les tomates nombreuses, les bocaux, les condiments sans amour, les murs tapissés, les chambres. de moins en moins de foutre. de plus en plus de terre. mais jamais personne.

le cynisme mauvais se fait la malle.
c'est toujours ça de gagné.
un certain coeur a de la chance, quelque part en moi. de subsister. il a le cul bordé de nouilles.

les autres crèvent sous les lampadaires hargneux du "pas le choix", ou du "pas vu, pas pris".

ainsi va la vie.
monsieur DJ :

http://www.youtube.com/watch?v=BQaUs5J2wdI

tu n'existes

gérants à la con.

jp a dit…

tu connais l'expression :

"GERER un bonheur" ?

piedssurterre a dit…

Jp mon ami, le bonheur existe, et il se vit quand il passe.
Je t'embrasse tendrement