04 juin 2010

Ecrivain mahousse ?

Le radio-réveil me tire comme chaque matin un peu brutalement de mon sommeil. Le flash d’infos de 7 heures et demie m’incite en général à baisser le son, pas trop envie d’entendre au saut du lit les nouvelles de plus en plus écœurantes. Je vais plutôt piocher l'info sur le Web une fois bien réveillée. Ce matin j'ai le temps de capter "le ministère de l’Éducation nationale a choisi le troisième tome des « Mémoires de guerre » de Charles de Gaulle pour l'intégrer au programme du baccalauréat français 2010-2011". Je ne suis pas prof mais les Mémoires de guerre du général dans des cours de littérature de classe de première, c'est assez étrange comme idée et ça m'inspire un vague sentiment de dégoût. Ça pue un peu la manipulation. Mais bon. Quelques recherches gougoulesques plus tard, j’en sais un peu plus sur «l’affaire» qui a mobilisé 1500 enseignants pétitionnaires contre ce projet. Sur lesquels plane désormais la suspicion : Le corps enseignant serait-il dans son ensemble hostile au réveil de la conscience nationale ? La démarche est pourtant claire et la question soulevée par les professeurs aussi : parlons nous d’histoire ou de littérature ? Certains écrivains montent au créneau pour défendre les talents du général édité à la Pléiade, sa belle plume, son génie littéraire ; et accusent les détracteurs du projet de ne pas avoir lu une seule ligne des mémoires.
En parcourant la presse j'ai lu quelques morceaux de bravoure visant à dénoncer la pétition des enseignants en évoquant parfois subtilement une fois de plus une manœuvre des théoriciens du complot. Uhm. Et puis je suis tombée sans doute pas par hasard sur cette phrase écrite en 1973, (année où j'ai passé le feu Bac A en dissertant sur Madame Bovary) par Michel Audiard, grand pourfendeur de la connerie :

«Une des grandes loufoqueries à la sortie des "Mémoires de guerre" a été de faire semblant de prendre le grand «Rantanplan» pour le nouveau sorcier du style, l’écrivain mahousse»

Cette phrase à elle seule contribue à sauver mon humeur. Il y a bien longtemps que je suis convaincue que c'est à nous parents de veiller à la culture littéraire de nos enfants. Les miens ont et auront toujours de fervents encouragements à dévorer les bouquins des auteurs qui ont éclairé ma vie et continuent à m’accompagner chaque jour dans le vaste et passionnant univers de la Littérature.

3 commentaires:

É. a dit…

De Gaulle… Quel cas ! Mais quel cas ! Je sais que ses ennemis étaient mes ennemis, ça, pas de doute. La Gestapo et la CIA l'ont combattu bec et ongle. Par contre, un de mes grands guides, Guy Debord, l'a également combattu. Quel cas ! Non, mais quel cas ! Rien de simple dans le cas du vieux général.

Son passage à Montréal dans les années soixante fait encore des vagues, c'est dire l'intensité du plouf dans la mare.

anne des ocreries a dit…

Depuis quand De Gaulle est-il un auteur "littéraire", même s'il maniait bien sa langue ? Depuis quand confond-on les cours de français et ceux d'éducation civique ? depuis quand fait-on de la propagande à l'école ? (heu...non, ça on sait : depuis toujours, l'école est l'objet de manipulation de jeunes esprits par le pouvoir, afin de renouveler ses troupes.)

manouche a dit…

De Gaulle pour moi c'est avant tout l'appel du 18 juin qui a ressucité une bonne partie de la France.