20 août 2010

Canal du Midi, le journal # 4

Le matin du 5 août, Lili se réveille un peu endolorie par sa chute de la veille. Elle commence à pédaler bravement mais son visage crispé nous informe rapidement de l’état de sa hanche. Son vélo chargé est trop lourd. Malgré nos propositions de porter ses sacoches, elle s’entête et décide de continuer. Elle pleure dès qu’on essaie de la convaincre d’abandonner sa charge pour pédaler plus léger. 
Lili sourit malgré la douleur

Cette ballade du 5 août sera sans aucun doute celle des pauses les plus nombreuses, arrêts pipi, arrêts Nutella. Le parcours est jalonné d’écluses très proches les unes des autres, ce qui nous permet de flâner aussi souvent que nécessaire pour que Lili récupère. Nous observons les manœuvres, nous nous marrons lorsque les occupants de trois bateaux d’italiens s’engueulent à la descente de niveau, ayant bien du mal à maîtriser les mouvements de leurs péniches qui s’entrechoquent. Ce sera la journée de la découverte du métier d’éclusier. Tony fantasme sur ces petites maisons au bord de l’eau qui, mises à disposition des éclusiers toute l’année, leur offrent un havre de calme lorsque le canal est fermé. Sans les péniches, ça doit être effectivement très sympa pour eux, le canal l’hiver ! Parce que, faut bien le dire, des péniches, il y en a quand même beaucoup, de plus en plus une fois qu’on dépasse Castelnaudary. C’est la pleine saison, les boutiques de location font leur beurre. 1200 euros la semaine pour une péniche de 4 personnes, le bizness est florissant ! Florissant aussi pour ce camping où nous arrivons en fin de journée. Alzonne, au point kilométrique 85 sur le Canal, nous quittons la piste. Il y a presque 3km à faire dans la jungle routière. Aujourd’hui, on aura fait un peu plus de 25 kilomètres. J’ai enfilé mon gilet jaune et nous traversons le village pour prendre une route de campagne qui monte, monte, monte. Et là, mauvaise pioche, l’alléchante proposition de camping à la ferme nous a conduits tout droit dans un de ces pièges à touristes en mal de ruralité que nous évitons en général. C’est pas une ferme, c’est un domaine viticole, perché sur les collines. Pas un arbre, juste des emplacements caillouteux en plein vent ! Vue imprenable au loin sur les collines.
Notre campement au matin. Ya plus de vent !

Des baraques Algeco font office de sanitaires et une grande tente barnum blanche abrite le bar-boutique-table d’hôte. 23 euros par tête pour dîner de crudités, d’un plat de viande à la plancha et de fruits locaux ! Je prends la décision de faire le dîner sur le camping gaz, parce que là, y a pas écrit pigeon sur mon front ! Le vent souffle à fond, les arceaux de la tente des enfants plient et menacent de se rompre sous la poussée des rafales. On finit par l’orienter pour qu'il s’engouffre dedans et gonfle la toile. La vieille tente Marechal de Tony se monte toute seule, comme d’hab. Depuis 20 ans, elle tient la route par tous les temps. Jean-Sé et Agnès n’arrivent pas, et nous commençons à nous dire que nous allons passer la soirée seuls ici, dans cet endroit inhospitalier au possible, lorsque nous les voyons grimper péniblement la côte au loin. Hurlements de joie des enfants qui sautent de bonheur de voir arriver leurs copains, eux qui se voyaient déjà coincés dans leur tente toute la soirée. Pour nous ici, rien à faire d’autre qu’aller boire des bières à 3 euros au bar ou bouquiner sous la tente !On choisit l’option bières au bar avec nos potes. Cette étape me laisse un souvenir mémorable de tentative de cuisiner dans le vent glacé. J’en rate mon omelette et nous nous replions rapidement sous la tente, congelés, après avoir avalé vite fait notre dîner. Jean Sé et Agnès - épuisés par le montage de leur grande tente familiale qu’on a réussi péniblement à mener à bien à 4 - n’ont pas eu le courage de cuisiner ce soir là et ont opté pour la cantine du lieu, qui les décevra bien entendu. Seul point positif, les vêtements lavés sèchent à toute vitesse, et pour cause ! Si vous passez dans le coin, évitez cette adresse : la Pujade, Camping à la ferme, à Alzonne. Au matin, le vent s’est calmé. Petit déjeuner à la cantoche pour les enfants, ils ont 11 ans aujourd’hui. Allons y pour le chocolat chaud, les croissants (y en a plus) le pain beurre, et un jus d’orange acide qu’ils ne boiront pas, « trop pas bon Maman, j’te jure ! »Non vraiment, ce camping, ça le fait pas ! Allez hop, on se laisse glisser et on retrouve un passage rapide vers le canal, ses canards, ses péniches, au rythme des trottinements de Daisy. On roule vers Carcassonne. 

1 commentaire:

anne des ocreries a dit…

23 € ce pique-nique à la noix ! Non, vrai, j'hallucine ! Ah les sagouins !!!!
Bon, des plans glauques, ça arrive, c'est bien dur à éviter