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05 avril 2012

Liberté


Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom


Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom


Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom


Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom


Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom


Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom


Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom


Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom


Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom


Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom


Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places q
ui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunies
J'écris ton nom


Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom


Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom


Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom


Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom


Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom


Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom


Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom


Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom


Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer


Liberté.

Paul Eluard, 1942 ( version intégrale)

24 novembre 2011

l'amour la poésie

Il fallait bien qu'un visage
Réponde a tous les noms du monde

Paul Eluard

L'amour la poésie
Premièrement

06 juillet 2011

Toi la seule

Toi la seule et j’entends les herbes de ton rire 
Toi c’est la tête qui t’enlève 
Et du haut des dangers de mort 
Sur les globes brouillés de pluie des vallées 
Sous la lumière lourde sous le ciel de terre 
Tu enfantes la chute. 
Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant 
Ni la paresse ni la fatigue 
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles 
Au matin des caprices 
Au matin des caresses visibles 
Au grand matin de l’absence la chute. 
Les barques de tes yeux s’égarent 
Dans la dentelle des disparitions 
Le gouffre est dévoilé aux autres de l’éteindre 
Les ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.

Paul Eluard
(L'Amour la poésie- Premièrement- VI. Toi la seule)

05 juillet 2011

l'Aube je t'aime

L’aube je t’aime j’ai toute la nuit dans les veines 
Toute la nuit je t’ai regardée 
J’ai tout à deviner je suis sûr des ténèbres 
Elles me donnent le pouvoir 
De t’envelopper 
De t’agiter désir de vivre Au sein de mon immobilité 
Le pouvoir de te révéler 
De te libérer de te perdre 
Flamme invisible dans le jour. 
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur le jour 
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur moi-même.

Paul Eluard
(L'Amour la poésie- Premièrement- XX. L’aube je t’aime)

l'Amour la poésie

Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage des tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde Clairs et perpétuels.
Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

Paul Eluard - 

(L'Amour la poésie, Premièrement -VIII. Mon amour pour avoir figuré mes désirs)

30 janvier 2011

Capitale de la douleur

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et ton sang coule dans leurs regards.


Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926

Manifeste

On m'a dit : "Fais des chansons comme-ci" On m'a dit : "Fais des chansons comme-ça" Mais que surtout ça ne pa...