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05 décembre 2012

Partage...

".... J’ai essayé de me rendormir. Vers cinq heures du matin, j’ai renoncé, je me suis rhabillé et j’ai laissé un mot à Agnes disant que je partais. J’ai glissé le bout de papier sous la porte de son bureau. La porte était fermée à clé.
La maison dormait quand je suis parti.
La voiture dégageait une odeur de brûlé. En m’arrêtant pour prendre de l’essence à une station-service ouverte toute la nuit, j’ai aussi rajouté de l’huile. Je suis arrivé sur le port peu avant l’aube.
Je suis sorti sur la jetée. Le vent était frais. J’ai perçu l’odeur salée de la mer malgré la glace épaisse. Des lampes disséminées éclairaient le port, où quelques bateaux de pêche solitaires flottaient contre les pneus de protection.
J’attendais la lumière du jour pour entreprendre la traversée. Comment j’allais me débrouiller avec ma vie, après tout ce qui s’était passé, je n’en avais aucune idée.
Là, tout à coup, sur la jetée, j’ai fondu en larmes. Chacune de mes portes intérieures battait au vent, et ce vent, me semblait-il, ne cessait de gagner en puissance. ..."

Henning Mankell Les chaussures italiennes

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