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03 avril 2016
24 août 2010
Infâme propagande
Dans notre boîte aux lettres est arrivé hier un exemplaire d'un quotidien destiné aux enfants d'une dizaine d'années.
La page des nouvelles du monde rédigée en anglais (ben oui c'est vachement pédagogique) m'a fait bondir lorsque j'ai vu ceci :
Voici une petite traduction du texte qui accompagne la photo : "Le président Barack Obama se baigne avec sa fille Sasha dans la mer ) à proximité du Golfe du Mexique. Durant les mois passés, 200 millions de gallons de pétrole ont été déversés dans la mer. Obama veut montrer ainsi que les plages sont propres et saines."
C'est pas demain que j'abonnerai mes gosses à ce torchon !
La page des nouvelles du monde rédigée en anglais (ben oui c'est vachement pédagogique) m'a fait bondir lorsque j'ai vu ceci :
Voici une petite traduction du texte qui accompagne la photo : "Le président Barack Obama se baigne avec sa fille Sasha dans la mer ) à proximité du Golfe du Mexique. Durant les mois passés, 200 millions de gallons de pétrole ont été déversés dans la mer. Obama veut montrer ainsi que les plages sont propres et saines."
C'est pas demain que j'abonnerai mes gosses à ce torchon !
25 mai 2010
Monsanto en Haïti
J'ai lu ce texte ce matin, je tenais à le faire circuler...
Haïti : Monsanto et le "Projet Winner"
Thalles GOMES
Les médias ne parlant plus d’Haïti on se dit que tout s’est bien fini, que la solidarité internationale a permis de faire sortir le petit pays de la crise qu’il a subi en janvier dernier.
Et bien non, en fait tout commence, même si le pays tente de se réorganiser et que la vie reprend doucement son cours Haïti n’en a absolument pas fini avec les crises. Tout au contraire, comme annoncé précédemment les vautours multinationales se sont jetés dessus avec l’avidité des investisseurs découvrant de nouveaux marchés.
L’article de Thalles Gomes traite ici spécifiquement de l’action de Monsanto soutenue par l’USAID, UPS et la Kuehne+Nage qui au sein du Projet Winner (tout un programme) sont entrain de vassaliser entièrement l’agriculture haïtienne à leurs produits.
Moins visible, mais qui causera au final beaucoup plus de dégâts et fort possiblement des dégâts irréversibles cette invasion économique d’Haïti est la digne héritière des agressions coloniales opérées depuis près de 206 ans par les États-unis et la France contre Haïti.
L’entreprise américaine Monsanto a donné des graines transgéniques à Haïti. Ce fait a été dénoncé le 10 mai dernier dans un article écrit par le curé français Jean-Yves Urfié, ex-professeur de chimie du Collége Saint Martial, à Port-au-Prince. Urfiè écrit dans son article : “La société transnationale Monsanto offre aux agriculteurs du pays un cadeau mortel de 475 tonnes de maïs transgénique, avec les engrais et les pesticides associés, qui seront remis gratuitement par le Projet Winner, avec l’appui de l’ambassade des États-Unis en Haïti”. Selon lui, la multinationale Monsanto a déjà commencé à distribuer les graines de maïs transgéniques dans les régions de Gonaives, Kenscoff, de Pétion-Ville, de Cabaré, d’Arcahaie, de Croix-des-Bouquets et de Mirebalais.
La forte répercussion de cette dénonciation a obligé le Ministre de l’Agriculture d’Haïti, Joana Ford, à convoquer une conférence de presse le 12 mai dernier à Port-au-Prince. Le Ministre Ford a affirmé "Haïti n’a pas de capacité à administrer les OGM” avant de démentir que la donation de Monsanto était du maïs transgénique. "Nous prenons toutes les précautions avant d’accepter l’offre faite par la multinationale Monsanto pour recevoir une donation de 475 947 kg de graines de maïs hybride et 2 067 kg de graines de légumes. Nous devons aussi mentionner que, en l’absence d’une loi qui réglemente l’utilisation d’Organismes Génétiquement Modifiés en Haïti, je ne peux pas permettre l’introduction de graines ‘Roundup Ready‘ ou toute autre variété de transgéniques", a souligné le Ministre.
Selon Ford, les graines hybrides dont Monsanto fait la promotion sont adaptées aux conditions tropicales d’Haïti. Ce dont fait partie d’une campagne du Ministère de l’Agriculture pour relancer le secteur agricole après le tremblement de terre du 12 janvier dernier. Le Ministre indique également que dans cette optique plus de 65 000 hectares de terre sont entrain de bénéficier d’une préparation par des tracteurs, des engrais et des pesticides, et les agriculteurs recoivent une formation.
Monsanto elle-même s’est retrouvée obligée de se prononcer sur cette affaire. “Nous croyons que l’agriculture est la clé pour la récupération d’Haïti sur le long terme”, a affirmé la transnationale dans une note publiée sur sa page internet. “Après la catastrophe, Monsanto a donné de l’argent pour le redressement (d’Haïti)”, continue la note, “mais il était évident que le don de nos produits - de maïs et les graines de légumes de qualité - pourrait faire réellement la différence dans la vie des Haïtiens”. Avec cet état d’esprit généreux la plus grande compagnie de semences au monde a résolu de donner à Haïti l’équivalent de 4 millions de dollars en graines de maïs hybride, choux, carotte, aubergine, melon, oignon, tomate, épinard, et melon d’eau. 60 tonnes de ces graines sont arrivées sur le territoire haïtien durant la première semaine de mai. 70 tonnes supplémentaires sont arrivées à Port-au-Prince le 13 mai dernier. Il est prévu que pour les 12 prochains mois 345 tonnes supplémentaires de graines hybrides de maïs soient distribuées aux agriculteurs du pays.
Ouvrir des marchés
Le tremblement de terre du 12 janvier a provoqué la mort de 300 000 personnes et a laissé plus d’un million d’Haïtiens sans domicile. Les conséquences ont été dévastatrices. Mais, bien qu’il ait atteint 7 degrés sur l’échelle Richter, il est peu probable que le tremblement de terre ait détruit les structures de fonctionnement d’une société transnationale comme Monsanto. Le don de 475 tonnes de graines hybrides peut être vue comme une action de générosité de la part de la transnationale envers le peuple haïtien. Cependant les conditions dans lesquelles ce don a été effectuée sont regardées de plus près, cette générosité devient une simple tactique entrepreneuriale pour augmenter les bénéfices.
Les gains de Monsanto de décembre 2009 à fin février 2010 ont été de 887 millions de dollars. Durant la même période l’an passé, ses gains ont été de 1,09 milliard de dollars, ce qui signifie une chute de 19%. Selon Hugh Grant, directeur exécutif de la transnationale, la cause principale de cette chute a été la diminution des ventes d’herbicides et de produits chimiques.
Début avril, durant une conférence en présence d’annalistes, Grant a affirmé qu’il ne pourrait pas recourir à l’augmentation des prix pour contrecarrer cette chute, puisque les agriculteurs ne semblent pas disposés à payer des prix plus hauts pour les nouveaux spécimens de graines transgéniques, dont certaines d’entre elles sont deux fois plus chères que les variétés les plus cultivées aujourd’hui. "Le retour que j’ai des propriétaires fonciers indique que si nos prix étaient différents, la courbe d’adoption des graines serait différente" avait-il déclaré.
Quant il n’est pas possible de faire monter le prix de ses produits, la seule solution pour Monsanto est de contrecarrer cette chute en ouvrant de nouveaux marchés. Et ce n’est pas un hasard qu’à peine un mois après la conférence de Hugh Grant dess graines de Monsanto arrivent à Haïti.
Ce qui n’a pas été dit ni par Monsanto, ni par le Ministère de l’Agriculture haïtien, c’est ces graines hybrides de maïs ne pourront accomplir leurs promesses de productivité et d’adaptation au climat tropical haïtien que si elles sont traitées par les herbicides, les engrais et les produits chimiques spécifiques, qui sont justement produits par Monsanto. Cela signifie que les agriculteurs haïtiens qui reçoivent les graines hybrides ne réussiront à les rendre productives que s’ils acquièrent les herbicides et les engrais de Monsanto.
De plus, les agriculteurs ne pourront pas replanter les graines issuent de ce maïs, puisque l’une des caractéristiques de ces graines hybrides cest que seule la première génération est fertile. S’ils veulent continuer à semer les paysans haïtiens devront acheter de nouvelles graines à Monsanto.
À ce rythme, avec l’augmentation de la consommation de graines et implicitement d’herbicides, d’engrais et de produits chimiques Monsanto, la prévision du curé Jean-Yves Urfié pourra devenir réalité : “Bientôt, il y aura que des graines Monsanto en Haïti. Et alors, ce sera la fin de l’indépendance des agriculteurs”.
Vainqueur
Monsanto n’est pas seule dans cette entreprise. Le transport et toute la logistique de distribution des graines en Haïti se fait au profit de deux autres entreprises américaines : la Kuehne + Nage Emergency and Relief Logistics et l’UPS Foundation.
Ken Sternad, président d’UPS, a insisté pour se prononcer sur cette action : “Cela fait parti de nos efforts continus pour appuyer le redressement d’Haïti, l’UPS a l’orgueil de donner ses services aux bateaux de semences, car le pays commence à se diriger vers la construction d’un avenir soutenable".
Cet “avenir soutenable” dont parle Sternad et qui attire l’intérêt de tant d’entreprises étrangères est définit dans le Projet Winner lancé le 8 octobre 2009 par l’USAID (Agence des États-Unis pour le Développement International) (1). Le Projet Winner investira 126 millions de dollars dans les cinq prochaines années afin de construire une nouvelle infrastructure agricole en Haïti, avec comme objectif l’augmentation de sa productivité. Entre-temps, ce programme fournira une assistance technique spécialisée, en plus de services techniques et des facteurs de production agricoles, comme les pesticides et les engrais.
C’est par ce projet que seront distribuées les 475 tonnes de graines de Monsanto. En fait, ces graines n’arriveront pas directement dans les mains des paysans haïtiens, elles seront tout d’abord acheminées aux magasins administrés par l’USAID et seront ensuite vendues pour un prix “significativement réduit” aux agriculteurs. “Notre but est d’arriver à fournir 10 000 agriculteurs durant cette saison”, indique Jean Robert Estime, directeur responsable du Projet Winner. “Les graines aideront à nourrir et fourniront des opportunités économiques pour les agriculteurs, leurs familles et la communauté haïtienne en général”.
Pour comprendre ce que sont ces “des opportunités économiques”, il faut connaître les acteurs qui sont derrière le Projet Winner. Son directeur responsable, Jean Robert Estime, a servi comme Ministre des Affaires étrangères durant les 29 ans de la dictature de Duvalier en Haïti, époque dans laquelle plus de 30 000 Haïtiens ont été assassinés et le pays a ouvert ses portes aux produits alimentaires étrangers. Grâce à cette ouverture, Haïti importe aujourd’hui 80% des aliments qu’il consomme.
Architecte et coordinatrice du Projet Winner, l’USAID est un organisme gouvernemental américain créé en 1961. Selon sa page internet officielle, il a la mission de “promouvoir les intérêts de la politique externe des États-Unis dans l’expansion de la démocratie et des libres marchés, en améliorant la vie des citoyens du monde en développement”. Avec siège à Washington/DC, l’USAID est présente sur les cinq continents. Son travail appuie “la croissance économique et les avancées de la politique externe des États-Unis”.
Nouveau tremblement de terre
Chavannes Jean-Baptiste, coordonnateur du Mouvman Peyizan Papay (MPP) et membre de la Via Campesina haïtienne déclare qu’en fait “Il s’agit d’un nouveau tremblement de terre plus dangereux a long terme que celui qui s’est déroulé le 12 janvier. Il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une très forte attaque contre l’agriculture, les paysans et les paysannes, la biodiversité, les graines créoles que nous défendons, et à ce qu’il reste de notre milieu environnemental en Haïti”
Chavannes accuse le gouvernement haïtien de profiter du tremblement de terre pour vendre le pays aux forces impérialistes et aux sociétés transnationales. “Nous ne pouvons pas accepter cela”, fait remarquer le leader paysan, “nous devons commencer la mobilisation contre ce projet, contre l’arrivée de Monsanto en Haïti. Nous avons besoin d’une forte unité en Haïti et d’une forte solidarité internationale pour affronter Monsanto et toutes les forces mortifères qui veulent en finir avec la souveraineté de ce petit pays qui a conquis son indépendance avec le sang de ses enfants et de ses filles dès 1804”.
Comme premier pas dans cet affrontement, le MPP a demandé aux paysans d’enterrer et de brûler toutes les graines de maïs provenant du Ministère de l’Agriculture. De plus, la Via Campesina d’Haïti organise une grande marche les 4 et 5 juin prochains, à l’occasion du Jour International de l’Environnement. La marche partira de la région de Papay à destination de la ville de Hinche, capitale du département Central. (Traduction ALAI)
Thalles Gomes, journaliste brésilien, depuis Port-au-Prince - Haïti.
Source : agence ALAI "Monsanto y el Proyecto Vencedor"
Traduction : Primitivi "Haïti : Monsanto et le Projet Winner"
Notes :
[1] Il est a noter plusieurs choses sur l’USAID, cette Agence gouvernementale étasunienne à soutenue en Amérique Latine les pires dictatures et la déstabilisation de plusieurs pays, elle continue d’ailleurs cette mission. Par contre la même USAID se fait en Europe une bonne publicité en soutenant les Révolutions Colorées, elle aide d’ailleurs à la diffusion dans les anciens pays du bloc de l’est d’un petit livre édité par l’Institut Enstein intitulé "From Dictatorship To Democracy" (disponible gratuitement sur internet) et qui indique aux mouvements étudiants et d’opposition desdits pays à renverser le pouvoir en place. En conclusion l’USAID ne promeut absolument pas la démocratie mais uniquement les intérêts des USA et l’ouverture de nouveaux marchés aux entreprises US.
07 avril 2010
Obsédant visionnage
Ce matin, je pensais à écrire un petit machin sur mon agacement extrême à entendre au réveil sur l’antenne de France Inter les débats ô combien existentiels liés à la propagation d’une rumeur concernant le couple présidentiel de notre belle France. Je m’interrogeais sur l’intérêt de consacrer autant de temps d’antenne à ce sujet et ne pouvais m’empêcher de penser que tout ça, c’est de la poudre de perlimpinpin. Pendant qu’on les occupe à disserter au déjeuner sur cette brûlante info, les Français ne pensent pas à autre chose. Une bonne petite histoire de cocufiage en ces journées de printemps où tout le monde est enclin à s’adoucir en même temps que la température, c’est léger, ça ne mange pas de pain, me disais-je.
Mais, en allumant mon ordinateur ce matin, et en suivant mes favoris, je suis tombée sur la publication d’Éric McComber . J’ai visionné ce document. Et je n’ai pas depuis, cessé d’y penser.
Âmes sensibles s’abstenir. Peut-être.
Mais non.
Au moment où je vous écris, Google m'informe que cette bombe médiatique est diffusée et commentée sur les sites Internet du Figaro International, du Monde, de Radio Canada…
… « C'était le matin du jeudi 12 juillet 2007, dans la cinquième année de la campagne menée par les armées etats-unienne et britannique pour pacifier l'Irak et rétablir la démocratie après le renversement et l'exécution du dictateur Saddam Hussein. (source Reuters, 2007).
Radio-Canada.ca/ titre « Vidéo embarrassante pour l'armée américaine ».
Ailleurs, le mot employé pour qualifier ce qui s’est passé le 12 juillet 2007 est le mot « bavure ».
Une bavure. Une vidéo embarrassante ?
Vraiment ?
Qui croira que les soldats américains ne font pas la différence entre une caméra et un lance-grenade ?
Qui acceptera que l’on puisse l'amener à penser que face au danger, plus un seul journaliste digne de ce nom ne devrait risquer sa vie pour témoigner de ce qui se passe là-bas et ailleurs ?
Qui admettra qu'on achève un homme blessé rampant à terre, en invoquant par la suite la présence d'un groupe armé ?
Pas moi, en tout cas. Pas gober cette merdre de messages à aveugler les endormis.
photo Namir Noor Eldeen.
13 février 2010
Arrivistes nauséabonds
Mon précédent post vous offrait la bouillonnante prose d’une dame de 70 ans, mais moi, je ne sais pas si je passerai l’hiver. Uhm. (le lien, c’est contractuel entre moi et mes pieds, point barre). J’ai compris pourquoi je vais bien mieux l’été. C’est parce que je n’écoute jamais plus la radio. Et aussi parce qu’il y a du soleil et qu’il fait chaud, je sais…
Une émission de radio du week-end à l’enseigne d’«Eclectick», pilotée par une louve à la voix suave, fipette du XXI ème, propose chaque samedi matin un bruyant et peu subsersif décryptage de l’info. Jeunes chroniqueurs pour la plupart, ils aiguisent leurs petites dents sur des sujets aussi cruciaux que le tordant auto-entartrage de BHL, qui n’avait guère besoin d’eux pour faire la démonstration qu’il est un con à la pensée creuse.
Gonflés à bloc par leur taux d’écoute en progression constante, la fine équipe consacre ce matin sa revue de presse du pire à la Saint-Valentin. C’est si drôle - et très tendance- de se foutre de la gueule des beaufs en citant Houellebecq…et de se tordre de rires complices et auto-satisfaits.
Cette suffisance, ce côté «vous pouvez pas comprendre, c’est très second degré», me fait à peine sourire et je suis tentée de leur couper la chique. D’autant que leurs élucubrations ne sont qu’une resucée paresseuse des captivants bulletins d’infos de la chaine.
Je ne sais pas pourquoi je continue à écouter cette chose. Un peu endormie, je déguste mon café. La bonne odeur du pain grillé dans les narines, je n’attends rien de bien nouveau mais bon, j’écoute encore un peu. La suite, j’aurais préféré ne pas l’entendre. Trop tard.
Le capitaine et les matelots de ce petit rafiot naviguent tout à coup sur de l’info nouvelle.
Arrive un reportage sur la Gav. C’est quoi ça ? demande l’ingénue fipette. La garde à vue, lui répond, bien rodé, son riant acolyte, et de sortir les chiffres : 900 000 gardes à vue par an en France, Ah ! Ça fait 1 français sur 9, quand même,qui risque de s’y retrouver un jour. C’est pas rien hein ?
Ah pardon ! - suit un inénarrable moment de grâce et de confusion, je me suis trompé avec ma calculette en fait ça fait 1 sur 90. Ah, vous m’avez fait peur ! La rigueur journalistique est à son plein - . Et nous voilà au cœur du sujet. Ce jeune homme a rencontré des consultants, qui proposent des formations à la garde à vue, moyennant 600 euros la journée. Quand même! s’exclame l’insupportable Fipette, faussement outrée, et trop mauvaise comédienne pour que je n’entende pas dans sa voix son admiration et sa concupiscence envers les répugnants spéculateurs, charognards de la peur, qu’elle et sa super équipe de petits merdeux présentent, tous fiers de leur immonde scoop, à mes oreilles soudain bourdonnantes.
Interviews croisées : Un participant au séminaire, après un entraînement avec le faux policier-consultant : « Au bout de 48 heures, est ce que je serai capable de me recentrer, …c’est un marathon, je dois m’adapter a la technique, je crois en la justice, mais si on me fait dire des choses que j’ai pas voulu dire… avec des mots qui peuvent être mal interprétés, … je vais me retrouver dans une situation avec un procès verbal que j’ai signé parce que j’ai craqué… »
Le formateur qui gère le côté technique, c'est-à-dire explique le chroniqueur « …qui joue au policier… » rappelle que : « l’objectif quasi officiel de la garde à vue consiste à placer le mis en cause dans une sorte d’état de choc qui anesthésie ses capacités d’analyse, de mémoire et de réaction. L intéressé ignore tout de la réalité des charges et de l’étendue de ce qui lui est reproche… La reine des preuves est l’aveu en France... »
La formatrice, qui elle, intervient sur les aspects psychologiques de la garde à vue explique son travail: «apprendre à réutiliser l’expérience dans d’autres contextes… » « En situation de crise et de coup dur on va culpabiliser sur plein de choses alors qu’on n’a rien fait et devoir payer le prix de sa culpabilité …comment éviter de craquer…»
A mon avis, il y a un marché à prendre, poursuit le chroniqueur.
Et moi j’ai la nausée.
Une émission de radio du week-end à l’enseigne d’«Eclectick», pilotée par une louve à la voix suave, fipette du XXI ème, propose chaque samedi matin un bruyant et peu subsersif décryptage de l’info. Jeunes chroniqueurs pour la plupart, ils aiguisent leurs petites dents sur des sujets aussi cruciaux que le tordant auto-entartrage de BHL, qui n’avait guère besoin d’eux pour faire la démonstration qu’il est un con à la pensée creuse.
Gonflés à bloc par leur taux d’écoute en progression constante, la fine équipe consacre ce matin sa revue de presse du pire à la Saint-Valentin. C’est si drôle - et très tendance- de se foutre de la gueule des beaufs en citant Houellebecq…et de se tordre de rires complices et auto-satisfaits.
Cette suffisance, ce côté «vous pouvez pas comprendre, c’est très second degré», me fait à peine sourire et je suis tentée de leur couper la chique. D’autant que leurs élucubrations ne sont qu’une resucée paresseuse des captivants bulletins d’infos de la chaine.
Je ne sais pas pourquoi je continue à écouter cette chose. Un peu endormie, je déguste mon café. La bonne odeur du pain grillé dans les narines, je n’attends rien de bien nouveau mais bon, j’écoute encore un peu. La suite, j’aurais préféré ne pas l’entendre. Trop tard.
Le capitaine et les matelots de ce petit rafiot naviguent tout à coup sur de l’info nouvelle.
Arrive un reportage sur la Gav. C’est quoi ça ? demande l’ingénue fipette. La garde à vue, lui répond, bien rodé, son riant acolyte, et de sortir les chiffres : 900 000 gardes à vue par an en France, Ah ! Ça fait 1 français sur 9, quand même,qui risque de s’y retrouver un jour. C’est pas rien hein ?
Ah pardon ! - suit un inénarrable moment de grâce et de confusion, je me suis trompé avec ma calculette en fait ça fait 1 sur 90. Ah, vous m’avez fait peur ! La rigueur journalistique est à son plein - . Et nous voilà au cœur du sujet. Ce jeune homme a rencontré des consultants, qui proposent des formations à la garde à vue, moyennant 600 euros la journée. Quand même! s’exclame l’insupportable Fipette, faussement outrée, et trop mauvaise comédienne pour que je n’entende pas dans sa voix son admiration et sa concupiscence envers les répugnants spéculateurs, charognards de la peur, qu’elle et sa super équipe de petits merdeux présentent, tous fiers de leur immonde scoop, à mes oreilles soudain bourdonnantes.
Interviews croisées : Un participant au séminaire, après un entraînement avec le faux policier-consultant : « Au bout de 48 heures, est ce que je serai capable de me recentrer, …c’est un marathon, je dois m’adapter a la technique, je crois en la justice, mais si on me fait dire des choses que j’ai pas voulu dire… avec des mots qui peuvent être mal interprétés, … je vais me retrouver dans une situation avec un procès verbal que j’ai signé parce que j’ai craqué… »
Le formateur qui gère le côté technique, c'est-à-dire explique le chroniqueur « …qui joue au policier… » rappelle que : « l’objectif quasi officiel de la garde à vue consiste à placer le mis en cause dans une sorte d’état de choc qui anesthésie ses capacités d’analyse, de mémoire et de réaction. L intéressé ignore tout de la réalité des charges et de l’étendue de ce qui lui est reproche… La reine des preuves est l’aveu en France... »
La formatrice, qui elle, intervient sur les aspects psychologiques de la garde à vue explique son travail: «apprendre à réutiliser l’expérience dans d’autres contextes… » « En situation de crise et de coup dur on va culpabiliser sur plein de choses alors qu’on n’a rien fait et devoir payer le prix de sa culpabilité …comment éviter de craquer…»
A mon avis, il y a un marché à prendre, poursuit le chroniqueur.
Et moi j’ai la nausée.
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