Dans quelques mois, quelques semaines au mieux , nous quitterons notre maison.
La décision de la mettre en vente s'est imposée presque naturellement.
"Notre maison" n'est pas à nous, elle appartient à la banque.
Et la banque, je ne veux plus la payer.
Tout est allé si vite. Cette petite baraque,sa douceur, sa jolie lumière, son jardin ou il fait si bon s'asseoir sous le citronnier, en se laissant caresser par les rayons du soleil, j'en suis tombée amoureuse il y a quatre ans.
C'est en analysant attentivement les échéanciers pour la première fois que j'ai réalisé vraiment que cette acquisition était une idiotie, un piège absolu. Un petit rêve qui engraisse une banque depuis quatre ans, depuis que je rembourse chaque mois des sommes délirantes.
Ca fait un peu froid dans le dos quand même, d'additionner les chiffres et de se rendre vraiment compte que les années passant, je ne suis propriétaire que d'un rêve vide de sens.
Non, je ne veux pas m'échiner encore pendant des années juste pour garder encore l'illusion d'être chez moi.
Je réalise aujourd'hui à quel point je me suis laissée aveugler par cette envie qu'on peut avoir un jour de devenir "propriétaire".
A l'époque de cette folle acquisition, je gagnais bien ma vie, je me suis emballée, au point de refuser de voir que jamais je n'aurais fini de la payer, je serai sans doute morte avant !
Certains matins comme aujourd'hui, je me dis que je devrais cesser mon activité de négociateur immobilier, pour éviter à des gens aussi aveuglés que je l'étais quand j'ai contracté ce prêt de s'embarquer dans la grande galère des prêts sur tant d'années ! Quand le rêve d'être chez soi est trop fort, on perd la raison.
Et la raison, ce serait de ne jamais permettre à une banque d'encaisser pendant 25 ans des sommes folles qui durant des années remboursent avant tout les intérêts du prêt consenti, et ensuite le capital.
Je suis vivante, lucide, et un peu en colère contre moi même quand même.
Alors basta !
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27 mars 2012
11 février 2012
24 août 2010
Infâme propagande
Dans notre boîte aux lettres est arrivé hier un exemplaire d'un quotidien destiné aux enfants d'une dizaine d'années.
La page des nouvelles du monde rédigée en anglais (ben oui c'est vachement pédagogique) m'a fait bondir lorsque j'ai vu ceci :
Voici une petite traduction du texte qui accompagne la photo : "Le président Barack Obama se baigne avec sa fille Sasha dans la mer ) à proximité du Golfe du Mexique. Durant les mois passés, 200 millions de gallons de pétrole ont été déversés dans la mer. Obama veut montrer ainsi que les plages sont propres et saines."
C'est pas demain que j'abonnerai mes gosses à ce torchon !
La page des nouvelles du monde rédigée en anglais (ben oui c'est vachement pédagogique) m'a fait bondir lorsque j'ai vu ceci :
Voici une petite traduction du texte qui accompagne la photo : "Le président Barack Obama se baigne avec sa fille Sasha dans la mer ) à proximité du Golfe du Mexique. Durant les mois passés, 200 millions de gallons de pétrole ont été déversés dans la mer. Obama veut montrer ainsi que les plages sont propres et saines."
C'est pas demain que j'abonnerai mes gosses à ce torchon !
20 mai 2010
Martine et Dominique
Exceptionnellement ce matin j’ai entendu ce qui se disait à la radio. Pour ceux qui n’ont pas lu mon billet publié hier, j’ai fêté le privilège d’avoir perdu mon travail avant même de l’avoir commencé, ce qui est une première dans ma longue carrière de travailleuse. Levée tôt, réveillée par un léger mal de tête sans doute occasionné par l’abus de vin d’hier soir, j’avalais donc un âcre mélange d’eau et d’aspirine quand mon oreille s‘est arrêtée sur une information lâchée parmi plusieurs autres du journal de 7h30. Martine Aubry - celle qui a réussi à faire bouffer son chignon à Ségolène – la grande prêtresse de la réconciliation du clan de l'après mai 2007, affirmait que le candidat socialiste aux élections de 2012 serait à n’en pas douter, celui qui aura été choisi par les socialistes, à savoir elle, ou Dominique Strauss Kahn, ou quelqu’un d’autre. Enfin, celui ou celle qui sera le plus apte à représenter le camp désormais uni pour le meilleur, pour la victoire du socialisme à la française. Parlons-en oui du socialisme. DSK ! Monsieur DSK, patron du FMI, sauveur de la Grèce. DSK, socialiste dans l’âme, qui a contribué, entre autres mesures très favorables au bien du peuple, à la privatisation de France Télécom avec les résultats que l’on sait aujourd’hui : l’enfer pour les salariés et la multiplication des mutations forcées et autres changements de poste imposés. Monsieur DSK, qui pense haut et fort que la mondialisation est une chance, oui une chance. Je ne prétends pas être une experte en la matière, mais il y a déjà plusieurs mois que je suis absolument certaine qu’en 2012, DSK sera élu DEMOCRATIQUEMENT président de la République française et cette préparation psychologique de nos oreilles en dit long sur le sort qui nous est réservé, à nous qui pensons voter librement pour élire celui qui présentera sur un plateau nos échines courbées à ses amis de longue date Rockfeller et consorts. Ben oui, c'est comme ça, la puce, moi je l'ai déjà à l'oreille.
06 mai 2010
chlorhydrate de fluoxétine*
Je publie ici ce texte publié chez É et chez Gomeux, où il y a un petit bonus intéressant
Peut-être croyez-vous que c'est bien loin de chez nous.
Il est vrai qu'en France, nous avons beaucoup de chance, les nuages meurtriers s'arrêtent à nos frontières et jamais rien de ce genre ne peut nous arriver.
Pour tous les gens qui ont fait le choix de se soigner avec des produits naturels et sains achetés en herboristerie, c'est une sacrée mauvaise nouvelle.
...Facebookers, twitterers,et autres, à vos copier-coller....
*chlorhydrate de fluoxétine = prozac, prescrit à plus de 34 millions de personnes dans le monde entre 2001 et 2009. (Est-ce qu'un seul organisme chargé de veiller à notre santé a interdit ou émis des réserves sur cette saloperie ?)
Voici ce texte :
L’Armoire aux Herbes, herboristerie ouverte depuis plus de 30 ans, obligée de fermer ses portes
Pour tous les gens qui ont fait le choix de se soigner avec des produits naturels et sains achetés en herboristerie, c'est une sacrée mauvaise nouvelle.
...Facebookers, twitterers,et autres, à vos copier-coller....
*chlorhydrate de fluoxétine = prozac, prescrit à plus de 34 millions de personnes dans le monde entre 2001 et 2009. (Est-ce qu'un seul organisme chargé de veiller à notre santé a interdit ou émis des réserves sur cette saloperie ?)
Voici ce texte :
L’Armoire aux Herbes, herboristerie ouverte depuis plus de 30 ans, obligée de fermer ses portes
Pour la première fois en trente ans, il n’y aura pas de serre remplie à craquer d’herbes et de fleurs en devenir, pas de merveilleux jardins à perte de vue, pas de production de plantes médicinales, pas de transformation en nos excellents produits de santé. C’est avec beaucoup de peine et le cœur très gros que j’ai dû finalement arriver à cette conclusion, forcée de le faire par la conjecture actuelle.
Ma chère Armoire aux Herbes écoulera cette année les produits qui nous restent, bons au moins jusqu’en 2012, puis, elle devra fermer ses portes. Il est impensable d’engager les frais encourus par une autre saison agricole, tous ces salaires des jardiniers et transformateurs animés par l’esprit le plus pur de la tradition herbale, alors qu’il devient rapidement impossible d’offrir nos produits d’herboristerie aux clients qui les aiment et les réclament dans les magasins de produits naturels.
Nous vivons depuis dix ans sous les menaces, dans un climat d’insécurité et dans la nécessité de tout justifier aux yeux de personnes qui ne connaissent rien de notre réalité. Nous décidons de retirer de sur nos têtes cette épée de Damoclès qui a miné nos énergies et brisé nos cœurs. Nous choisissons la paix et la liberté et la conséquence de choix, c’est le retrait stratégique et volontaire. Après des efforts notoires de démarches auprès de Santé Canada pour faire approuver nos produits afin de tenter d’obtenir les sacro-saints Numéros de Produits Naturels (NPN) imposés, nous avons dû reculer et nous rendre à l’évidence que nos produits tels qu’ils sont ne passeraient jamais cette épreuve pharmaceutisante. Nous n’allons pas nous mettre à faire des teintures dans l’alcool pour satisfaire des exigences extérieures.
Nous n’avons jamais crû en ce processus de « triage » du gouvernement, il faut bien le dire. Une des plus grandes faiblesses de la réglementation des produits de santé naturels vient du fait que les critères d’évaluation et les normes de preuves exigées pour homologuer les produits ont été établis par Santé Canada sans aucune distinction qu’il s’agisse de produits manufacturés par de grandes multinationales ou par des petites et moyennes herboristeries artisanales dont le rôle a toujours été d’offrir un large compendium pour bien servir.
Nous avons pressenti dès 2004 que nous (les petites herboristeries traditionnelles) serions les laissés-pour-compte dans cette histoire. Nous savons que nos produits sont efficaces, que leur innocuité est réelle et que si nos clients y sont demeurés fidèles depuis des décennies, c’est parce qu’ils fonctionnent. Nous ne devrions pas avoir à réparer ce qui n’est pas cassé, à changer ce qui réussit. Nous ne devrions pas avoir à réviser nos formules qui ont fait leurs preuves pour qu’elles soient copies conformes des formules de quelques herboristes du passé ayant été sélectionnés pour faire office d’experts, à changer nos concentrations qui sont parfaitement appropriées, à faire tester chaque année pour des résidus de produits chimiques, nos produits d’herboristerie qui proviennent uniquement de notre terre, celle-ci étant éloignée de toute culture polluante et certifiée biologique et biodynamique depuis l’avènement au Québec de telles certifications.
Pour nous, la plante médicinale est et devrait demeurer un aliment et non une drogue. « Que ton aliment soit ton remède ». Il n’y a aucune différence entre le tonique à l’ail que nous extrayons dans le vinaigre et l’ail que nous mangeons. Ils ont tous deux une indéniable action curative, tout comme nos carottes et notre chou. Une véritable transformation traditionnelle, à échelle humaine, faite dans le respect de bonnes pratiques de fabrication n’en fait pas pour autant un produit de laboratoire mais constitue une méthode visant à s’assurer du service des bonnes plantes pendant les saisons où elles ne sont pas disponibles dans nos champs et dans nos jardins. Comme la choucroute préserve nos choux et les pots de salsa nos savoureux légumes d’accompagnement.
Nous ne croyons pas à l’analyse des principes actifs, à la mesure de quelques éléments, avec la prétention d’assurer ainsi une constance de concentration. Chaque année que le ciel nous donne fait pousser des plantes qui sont quelque peu différentes dans leurs combinaisons d’éléments et ce, pour de bonnes raisons. La standardisation n’a rien à voir avec la qualité. Elle n’est que la preuve d’un produit mort, dans lequel ne coulent plus les sources de la vie qui elle, est d’abord et avant tout changement.
Pour nous, la qualité de nos plantes, évidente à tous ceux qui au fil des ans ont visité et sillonné nos jardins, la qualité vibratoire, malgré le fait qu’elle ne soit pas encore mesurable en laboratoire, a fait ses preuves. Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli, fiers de ce qui aura été un beau modèle de petite entreprise honnête, fidèle à ses convictions profondes, heureuse de vous avoir offert nos jardins en gouttes, en huiles et en tisanes.
Nous avons de la peine pour les thérapeutes habitués à soulager la souffrance humaine grâce à nos produits et à ceux de nombreuses autres petites herboristeries. Nous avons de la peine pour les herboristes de demain qui n’auront pas la chance de vivre cet extraordinaire périple qui nous a animés pendant trois décennies. Nous avons de la peine pour les gens qui se verront brimés dans leur liberté de choisir et de juger par eux-mêmes ce qui leur convient, en consommateurs avertis. Nous aurions préféré que l’attention de Santé Canada se concentre sur tous ces dangereux produits de synthèse qui rendent tellement de gens malades ou dépendants, grugeant leur santé déjà taxée par les exigences de la vie actuelle, stressante à souhait. L’automne dernier, j’ai récolté, nettoyé, compté avec amour toutes les semences qui allaient devenir les jardins 2010. Notre ail a été mis tendrement en terre. Cet hiver, j’ai fait naître sur papier les configurations harmonieuses et les compagnonnages qui allaient créer toute cette beauté, planifié l’utilisation de chaque pouce carré de serre afin que tout soit prêt pour une autre saison verte, imaginé chaque engrais vert, chaque semis en succession. Les jardins ont une fois de plus vu le jour dans mon esprit.
Hélas, je sais maintenant que leur descente dans la matière ne se fera pas cette année, et plus jamais dans les années à venir. On ne peut pas prendre d’année sabbatique en agriculture. Rapidement, les jardins, retourneront à la nature sauvage. Il en restera quelque chose, une fertilité étonnante, certaines des vivaces qui résisteront à l’envahissement des adventices, des fleurs qui, du moins les premières années, pourront se frayer un chemin, des êtres invisibles qui, conviés avec respect depuis longtemps, préserveront ce qui peut l’être de ce beau rêve, de ce beau projet dicté non par l’économie mais par une vision spirituelle. Il faut croire que l’heure qui fut n’est plus et qu’elle ne sera plus pour un temps.
Je me rends bien compte que la vision sociale actuelle et celle que je porte ici ne vont pas dans la même direction. Je vois l’intuition comme source de connaissance pour l’avenir. L’intuition et la pensée vivante ainsi que l’évolution de tous nos sens vers la subtilité. La société voit de plus en plus la science comme seule source de vérité, l’analyse laborantine comme seule preuve acceptable de qualité ou d’innocuité et la consommation comme la source du bonheur.
La tenue de dossiers et la somme incommensurable de toutes sortes de documents minutieux et pointus n’améliorent en rien la qualité d’un produit de plante. L’établissement d’une telle panoplie de procédures ne fait que nous distraire de notre véritable travail. Nous sommes des artisans du végétal vivant.. Pas des employés d’une manufacture de produits de plantes. L’amélioration d’un remède à base de plantes ne se produit que lorsque le travail manuel de la terre et le fait d’œuvrer concrètement à la vitalisation de cette dernière permet d’élever des plantes de plus en plus vibrantes et saines. Il n’est pas normal de devoir, dans une herboristerie, sacrifier des jardiniers pour payer des pousseux de crayons ou de touches d’ordi dont le rôle est de satisfaire l’obsession gouvernementale. Je lisais dernièrement ceci :
« L’émission d’une licence de mise en marché signifie que le produit a été examiné par Santé Canada et qu’il est sûr, efficace et de haute qualité sous ses conditions d’utilisations recommandées. »
Quelle illusion ! Quelle délusion ! Bien sûr, lorsque la responsabilité d’évaluer et d’homologuer l’efficacité, l’innocuité et la qualité des produits est dispensée à des gens pour qui toutes les plantes se valent, qui n’admettent pas la valeur ajoutée d’un produit biologique, qui nous avouent n’avoir jamais entendu parler de la biodynamie, pour nous, la marche est haute pour faire valoir notre position et nos priorités.
Ce n’est pas notre mission d’aller dans cette direction. Nous sommes un art du terroir, pas un sous-produit de compagnies pharmaceutiques qui essaient de s’adapter à la vision arhimanique pour être accepté par le système et recevoir l’alléchante permission de pouvoir se vendre légalement. Nous n’avons besoin de la permission de personne pour bien faire notre ouvrage d’herboristes. De toutes manières, ce n’est pas le gouvernement qui sait ce que cela veut dire, ne comprenant rien à notre réalité qui ne les passionne pas. Sinon, ils seraient avec nous dans le champ.
Je crois qu’en dehors de la vitalisation de la terre, seule la joie du travail bien fait, la saine ambiance de travail où chacun se sent valorisé et la conscience d’œuvrer à la guérison peut ajouter quelque chose à la qualité du produit de plante. Nous sommes vibrations en contact avec les vibrations cosmiques. Nous ne sommes pas des objets en train d’en manipuler d’autres. Il y a bien davantage à l’œuvre que des formules chimiques et des données mathématiques. Nous assurons le sauf conduit de formes de vie dans un avenir qui, au fond, fait tout pour rendre l’existence impossible à ses meilleurs apôtres.
J’ai toujours dit que je n’étais pas venue sur la terre pour faire des produits à base de plantes, que ce n’était qu’une excuse pour faire circuler la vie. Ce ne sont pas des gouttes plus ou moins concentrées de substance que j’ai offertes à L’Armoire aux Herbes, mais des jardins biodynamiques en bouteilles, une qualité vibratoire guérissante, une vision de demain, un espoir et une certitude de pérennité. Depuis 30 ans, je ne compte plus les gouttes de jardins qui se sont déversées au quatre coins de la province. Les personnes qui nous cherchaient nous trouvaient. Ma seule consolation est d’avoir fait école et que d’autres, maintenant, comprennent l’importance de demeurer fidèle à l’engagement envers la vie.
Peut-être est-ce le temps pour moi de diffuser l‘esprit sans qu’une somme phénoménale de mon énergie aille au support de la matière ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que j’ai eu la chance immense de vivre sur une terre fertile et hautement spirituelle qui continuera encore longtemps à offrir ses services subtils et à soigner par la conscience. Je ne suis pas attachée au revenu généré par la vente en magasin. Ma motivation n’est pas pécuniaire, ne l’a jamais été. J’ai apprécié les sous générés par ce moment de liberté où nous avons pu offrir le bon sans avoir à prouver autrement que par les résultats obtenus. Il a permis de redonner encore et encore à cette terre d’accueil que nous travaillons sans relâche. Il nous a permis d’inviter une immense variété de plantes, produisant un écosystème heureux et vibrant de santé. Il nous a permis d’avoir la liberté d’offrir des connaissances sans dépendre totalement des retombées financières pour le faire. Il nous a permis de ne pas acheter pour revendre mais de produire en biodynamie, sans jamais négliger l’effort à fournir. Il nous a permis de donner sans compter. Je ne regretterai jamais cela. Même si, finalement, c’est la réalité financière qui force le retrait de cette herboristerie qui a toujours tenté, dans la mesure du possible, de bien payer ses employés, de ne jamais sacrifier la qualité pour la quantité, ni faire des coins ronds.
J’ai toujours vu L’Armoire aux Herbes comme un dispensaire, un vrai, au service de l’humain qui ne peut pas se permettre de payer plus cher pour supporter des laboratoires, des formulaires et des tonnes de papier à noircir. Je préfèrerai toujours noircir la terre en lui ajoutant du bon compost que de noircir du papier. Faudra-t-il attendre l’écroulement du système et l’état d’urgence pour que renaisse le respect des petites herboristeries qui, malgré le fait qu’elles ne peuvent pas se payer le luxe de l’approbation aliénante d’un système à la courte vision et aux valeurs décentrées, ne devraient pas pour autant constituer des hors-la-loi à contraindre et à assassiner ?
Non, je ne vendrai pas à rabais toutes les vivaces qui sont ici. Je respecte trop la terre pour lui arracher ses enfants par les racines pour des raisons économiques. J’ai toujours partagé généreusement mes amies les plantes. De nombreux jardins du Québec sont les rejetons de cette florissante Armoire aux Herbes. Je continuerai à être la gardienne dévouée de cette terre que j’aime tant.
J’aurai beaucoup de peine quand, ayant trouvé pour elles des personnes aimantes et accueillantes, mes juments devront me quitter car je n’aurai plus les moyens de les nourrir, ni d’usage pour leur fumier, source animale de tous nos composts.
J’aurai beaucoup de peine quand on démantèlera la grande serre, afin qu’elle puisse continuer de servir ailleurs, le grand séchoir qui nous a aidé à créer les plus belles tisanes au monde, ceci dit sans le moindre orgueil.
Sachez que je ne suis pas inquiète de ma survie personnelle. On a besoin de peu quand on avance en âge. Ma richesse dans cette vie, ce fut d’avoir vécu pleinement mon rêve, d’avoir généré de tels jardins et d’avoir pu promouvoir, avec leur assistance, beauté, santé et vie de l’âme. Toutes mes économies y sont passées. Et Dieu sait que je ne regretterai jamais d’avoir fait ce choix. C’est ce qui a justifié tout mon enseignement et mes plus belles découvertes.
Il me reste à me mettre totalement d’accord avec ma destinée de maintenant, soit ce retrait et cette imminente fermeture, à cause d’un système politico-social qui manque de vision et de profondeur. Mais c’est là où nous sommes, n’est-ce pas ? Il paraît qu’on a les décideurs qu’on mérite. Cette épreuve deviendra-t-elle une motivation de plus pour continuer de partager la connaissance, la vision d’un avenir où le vivant retrouvera sa vraie place, à la source de nos choix et de nos vies ?
Je me mettrai d’accord avec ce qui se passe. Je ne serai pas une victime. J’y découvrirai ma prochaine étape. Je ne serai pas une « Has been ». Je ferai confiance aux forces spirituelles qui m’ont guidée tout du long et qui savent ce qui est espéré pour cette nouvelle phase de ma vie. Je ne me révolterai pas, je ne me fermerai pas comme une huitre. Je continuerai à supporter les causes qui me sont chères. J’aiderai de mon mieux mes proches et les gens de mon milieu. Et je jardinerai à mon échelle : je ne saurais imaginer ma vie sans un potager, sans quelques îlots dans lesquels j’intègrerai mes plus essentielles alliées. Je demeurerai jusqu’à mon dernier souffle une ardente amoureuse du règne végétal.
Je suis une poupée russe vivante. Je me relève vite et résolument quand on me fait tomber. Je suis aussitôt prête à aller encore plus profondément contacter mon essence pour comprendre et continuer à remplir la mission qui justifie ma présence sur cette terre.
En janvier, j’ai connu l’ablation de ma vésicule biliaire qui s’affaissait et devenait dangereuse de par la présence d’une quantité excessive de pierres. La souffrance précédant l’opération fut extrême. Mon corps en est à réapprendre à fonctionner hors de ses sentiers battus, à emprunter d’autres voies, à s’habituer à l’absence d’un organe, à se rebâtir une nouvelle façon de fonctionner. Vous comprendrez que je ne puisse m’empêcher d’y voir là la symbolique de ce que vit notre société.
On peut couper l’élan à une herboristerie traditionnelle. On peut l’empêcher de vendre ses produits. Mais on ne peut pas démolir une herboriste de souche, une biodynamicienne de cœur, une femme de la terre et une guérisseuse, même si on lui retire le droit d’offrir ses plus beaux fruits.
Je veux remercier ici, de tout mon cœur, toutes les belles personnes qui se sont données sans compter pour que vive L’Armoire aux Herbes : les fournisseurs, les distributeurs, les employés, les jardiniers, les stagiaires, les amis et les fidèles clients, l’Herbothèque et ses étudiants. Et plus particulièrement ma sœur Hélène et mon neveu Frédéric, qui vivent ce deuil de très près avec moi et dont l’amour et le désintéressement adoucissent les jours qui nous restent.
Si vous désirez vous procurer les derniers produits de L’Armoire aux Herbes, faites vite. Ils seront disponibles encore un temps dans certains magasins. Vous pourrez aussi nous les commander directement jusqu’à écoulement des stocks par téléphone, fax ou sur notre site web armoireauxherbes.com
Profitez-en pour aller voir les photos, lire les textes, vous nourrir à cette source qui d’ici la fin de l’année en cours, se tarira ou prendra une autre forme.
Merci d’être là et de croire en une herboristerie qui va au-delà du commerce. Une herboristerie qui a de longues racines et qui, malgré les extrêmes du climat actuel, survivra et fleurira encore et toujours, quelle qu’en soit la forme.
Je vous salue bien bas et vous tire ma révérence,
Danièle Laberge
Herboriste traditionnelle
Maman de la bientôt feue Armoire aux Herbes
NB : Vous avez tous et toutes la permission explicite de l’auteure de ce texte, de le reproduire textuellement et de l’envoyer à tous vos amis et connaissances ainsi qu’à tous les médias de votre choix.
07 avril 2010
Obsédant visionnage
Ce matin, je pensais à écrire un petit machin sur mon agacement extrême à entendre au réveil sur l’antenne de France Inter les débats ô combien existentiels liés à la propagation d’une rumeur concernant le couple présidentiel de notre belle France. Je m’interrogeais sur l’intérêt de consacrer autant de temps d’antenne à ce sujet et ne pouvais m’empêcher de penser que tout ça, c’est de la poudre de perlimpinpin. Pendant qu’on les occupe à disserter au déjeuner sur cette brûlante info, les Français ne pensent pas à autre chose. Une bonne petite histoire de cocufiage en ces journées de printemps où tout le monde est enclin à s’adoucir en même temps que la température, c’est léger, ça ne mange pas de pain, me disais-je.
Mais, en allumant mon ordinateur ce matin, et en suivant mes favoris, je suis tombée sur la publication d’Éric McComber . J’ai visionné ce document. Et je n’ai pas depuis, cessé d’y penser.
Âmes sensibles s’abstenir. Peut-être.
Mais non.
Au moment où je vous écris, Google m'informe que cette bombe médiatique est diffusée et commentée sur les sites Internet du Figaro International, du Monde, de Radio Canada…
… « C'était le matin du jeudi 12 juillet 2007, dans la cinquième année de la campagne menée par les armées etats-unienne et britannique pour pacifier l'Irak et rétablir la démocratie après le renversement et l'exécution du dictateur Saddam Hussein. (source Reuters, 2007).
Radio-Canada.ca/ titre « Vidéo embarrassante pour l'armée américaine ».
Ailleurs, le mot employé pour qualifier ce qui s’est passé le 12 juillet 2007 est le mot « bavure ».
Une bavure. Une vidéo embarrassante ?
Vraiment ?
Qui croira que les soldats américains ne font pas la différence entre une caméra et un lance-grenade ?
Qui acceptera que l’on puisse l'amener à penser que face au danger, plus un seul journaliste digne de ce nom ne devrait risquer sa vie pour témoigner de ce qui se passe là-bas et ailleurs ?
Qui admettra qu'on achève un homme blessé rampant à terre, en invoquant par la suite la présence d'un groupe armé ?
Pas moi, en tout cas. Pas gober cette merdre de messages à aveugler les endormis.
photo Namir Noor Eldeen.
05 mars 2010
Une aubaine pour Aubenas ?
Il y a quelques jours, j’ai vu sur le net l’expression « candidater, c’est bluffer ». Je suis au chômage depuis quelques mois, je cherche du travail. Ça m’a donc sonné à l’oreille. Presque aussi fort que « autre inactif» sur mon relevé de cotisations d’assurances.
Donc, je suis le lien de cette accroche et arrive sur le site de Cadre Emploi, qui comme son nom l’indique, est destiné aux cadres. On y parle de carrières. Moi, j’ai jamais "fait carrière", ni même jamais pensé un seul instant à cette expression dans mon rapport au travail. Bosser, oui, essayer de trouver un job qui me fasse bouffer et ne me prenne pas la tête, j’ai eu de la chance jusqu’à présent, j’y suis parvenue. L'expression "candidater, c'est bluffer", ça m'évoque un exercice de style pour ambitieux aux dents longues. Alors que pour bien des gens, travailler tout court pour remplir son frigo n’est plus un objectif, mais une nécessité vitale. La notion de bluff, ça m'intrigue. Bon. J’ai donc regardé cette courte interview de Florence Aubenas, journaliste. Je passe sur son statut d’ex-otage pour ne retenir que l’info sur son dernier bouquin, qui fait un carton et dans lequel elle relate comment elle s’est glissée dans la peau d’une femme de ménage pour vivre pendant 6 mois en nettoyant les chiottes des ferries à Ouistreham. Dans l’interview, elle raconte donc qu’elle a menti aux entretiens en affirmant qu’elle avait déjà fait le ménage et déclare qu’un entretien d’embauche est un exercice de bluff et de poker menteur.
Un exercice de bluff et de poker menteur ?
Non mais, est-ce qu’elle croit vraiment que quand tu as envoyé 50 lettres de motivation pour un poste de nettoyage de chiottes ou autres et que t’as pas reçu une seule réponse positive, tu penses à bluffer comme dans une partie de Poker quand t’es enfin convoqué ? Ah! mais je rêve? C'est quoi ce discours? Je repense à la description par son éditeur et ses fans "de la belle empathie avec les gens merveilleux rencontrés pendant son immersion chez les pauvres qu’elle a si bien restitué dans son bouquin". Je n’ai pas lu ce livre. Il a déjà dépassé les 210000 exemplaires. Raconter la précarité à ceux qui ont les moyens de s’acheter un bouquin à 20 euros pour les aider la découvrir et à comprendre ce qui se passe dans les agences Pôle emploi, moi je trouve ça moyen bof. Mais surtout, surtout, je crois que quand on a son confort à Paris et qu'on est une journaliste célèbre et courtisée, on peut se permettre d'aller jouer au précaire pendant 6 mois en se déguisant en femme de ménage, décolorée cheap blond moche et fausse myope.
Son bon sourire et son analyse du recrutement basé sur cette expérience, là, sur ce site précisément, moi, ça m’a juste mise en colère et foutu les boules. Voilà, c’est dit !
Donc, je suis le lien de cette accroche et arrive sur le site de Cadre Emploi, qui comme son nom l’indique, est destiné aux cadres. On y parle de carrières. Moi, j’ai jamais "fait carrière", ni même jamais pensé un seul instant à cette expression dans mon rapport au travail. Bosser, oui, essayer de trouver un job qui me fasse bouffer et ne me prenne pas la tête, j’ai eu de la chance jusqu’à présent, j’y suis parvenue. L'expression "candidater, c'est bluffer", ça m'évoque un exercice de style pour ambitieux aux dents longues. Alors que pour bien des gens, travailler tout court pour remplir son frigo n’est plus un objectif, mais une nécessité vitale. La notion de bluff, ça m'intrigue. Bon. J’ai donc regardé cette courte interview de Florence Aubenas, journaliste. Je passe sur son statut d’ex-otage pour ne retenir que l’info sur son dernier bouquin, qui fait un carton et dans lequel elle relate comment elle s’est glissée dans la peau d’une femme de ménage pour vivre pendant 6 mois en nettoyant les chiottes des ferries à Ouistreham. Dans l’interview, elle raconte donc qu’elle a menti aux entretiens en affirmant qu’elle avait déjà fait le ménage et déclare qu’un entretien d’embauche est un exercice de bluff et de poker menteur.
Un exercice de bluff et de poker menteur ?
Non mais, est-ce qu’elle croit vraiment que quand tu as envoyé 50 lettres de motivation pour un poste de nettoyage de chiottes ou autres et que t’as pas reçu une seule réponse positive, tu penses à bluffer comme dans une partie de Poker quand t’es enfin convoqué ? Ah! mais je rêve? C'est quoi ce discours? Je repense à la description par son éditeur et ses fans "de la belle empathie avec les gens merveilleux rencontrés pendant son immersion chez les pauvres qu’elle a si bien restitué dans son bouquin". Je n’ai pas lu ce livre. Il a déjà dépassé les 210000 exemplaires. Raconter la précarité à ceux qui ont les moyens de s’acheter un bouquin à 20 euros pour les aider la découvrir et à comprendre ce qui se passe dans les agences Pôle emploi, moi je trouve ça moyen bof. Mais surtout, surtout, je crois que quand on a son confort à Paris et qu'on est une journaliste célèbre et courtisée, on peut se permettre d'aller jouer au précaire pendant 6 mois en se déguisant en femme de ménage, décolorée cheap blond moche et fausse myope.
Son bon sourire et son analyse du recrutement basé sur cette expérience, là, sur ce site précisément, moi, ça m’a juste mise en colère et foutu les boules. Voilà, c’est dit !
13 février 2010
Arrivistes nauséabonds
Mon précédent post vous offrait la bouillonnante prose d’une dame de 70 ans, mais moi, je ne sais pas si je passerai l’hiver. Uhm. (le lien, c’est contractuel entre moi et mes pieds, point barre). J’ai compris pourquoi je vais bien mieux l’été. C’est parce que je n’écoute jamais plus la radio. Et aussi parce qu’il y a du soleil et qu’il fait chaud, je sais…
Une émission de radio du week-end à l’enseigne d’«Eclectick», pilotée par une louve à la voix suave, fipette du XXI ème, propose chaque samedi matin un bruyant et peu subsersif décryptage de l’info. Jeunes chroniqueurs pour la plupart, ils aiguisent leurs petites dents sur des sujets aussi cruciaux que le tordant auto-entartrage de BHL, qui n’avait guère besoin d’eux pour faire la démonstration qu’il est un con à la pensée creuse.
Gonflés à bloc par leur taux d’écoute en progression constante, la fine équipe consacre ce matin sa revue de presse du pire à la Saint-Valentin. C’est si drôle - et très tendance- de se foutre de la gueule des beaufs en citant Houellebecq…et de se tordre de rires complices et auto-satisfaits.
Cette suffisance, ce côté «vous pouvez pas comprendre, c’est très second degré», me fait à peine sourire et je suis tentée de leur couper la chique. D’autant que leurs élucubrations ne sont qu’une resucée paresseuse des captivants bulletins d’infos de la chaine.
Je ne sais pas pourquoi je continue à écouter cette chose. Un peu endormie, je déguste mon café. La bonne odeur du pain grillé dans les narines, je n’attends rien de bien nouveau mais bon, j’écoute encore un peu. La suite, j’aurais préféré ne pas l’entendre. Trop tard.
Le capitaine et les matelots de ce petit rafiot naviguent tout à coup sur de l’info nouvelle.
Arrive un reportage sur la Gav. C’est quoi ça ? demande l’ingénue fipette. La garde à vue, lui répond, bien rodé, son riant acolyte, et de sortir les chiffres : 900 000 gardes à vue par an en France, Ah ! Ça fait 1 français sur 9, quand même,qui risque de s’y retrouver un jour. C’est pas rien hein ?
Ah pardon ! - suit un inénarrable moment de grâce et de confusion, je me suis trompé avec ma calculette en fait ça fait 1 sur 90. Ah, vous m’avez fait peur ! La rigueur journalistique est à son plein - . Et nous voilà au cœur du sujet. Ce jeune homme a rencontré des consultants, qui proposent des formations à la garde à vue, moyennant 600 euros la journée. Quand même! s’exclame l’insupportable Fipette, faussement outrée, et trop mauvaise comédienne pour que je n’entende pas dans sa voix son admiration et sa concupiscence envers les répugnants spéculateurs, charognards de la peur, qu’elle et sa super équipe de petits merdeux présentent, tous fiers de leur immonde scoop, à mes oreilles soudain bourdonnantes.
Interviews croisées : Un participant au séminaire, après un entraînement avec le faux policier-consultant : « Au bout de 48 heures, est ce que je serai capable de me recentrer, …c’est un marathon, je dois m’adapter a la technique, je crois en la justice, mais si on me fait dire des choses que j’ai pas voulu dire… avec des mots qui peuvent être mal interprétés, … je vais me retrouver dans une situation avec un procès verbal que j’ai signé parce que j’ai craqué… »
Le formateur qui gère le côté technique, c'est-à-dire explique le chroniqueur « …qui joue au policier… » rappelle que : « l’objectif quasi officiel de la garde à vue consiste à placer le mis en cause dans une sorte d’état de choc qui anesthésie ses capacités d’analyse, de mémoire et de réaction. L intéressé ignore tout de la réalité des charges et de l’étendue de ce qui lui est reproche… La reine des preuves est l’aveu en France... »
La formatrice, qui elle, intervient sur les aspects psychologiques de la garde à vue explique son travail: «apprendre à réutiliser l’expérience dans d’autres contextes… » « En situation de crise et de coup dur on va culpabiliser sur plein de choses alors qu’on n’a rien fait et devoir payer le prix de sa culpabilité …comment éviter de craquer…»
A mon avis, il y a un marché à prendre, poursuit le chroniqueur.
Et moi j’ai la nausée.
Une émission de radio du week-end à l’enseigne d’«Eclectick», pilotée par une louve à la voix suave, fipette du XXI ème, propose chaque samedi matin un bruyant et peu subsersif décryptage de l’info. Jeunes chroniqueurs pour la plupart, ils aiguisent leurs petites dents sur des sujets aussi cruciaux que le tordant auto-entartrage de BHL, qui n’avait guère besoin d’eux pour faire la démonstration qu’il est un con à la pensée creuse.
Gonflés à bloc par leur taux d’écoute en progression constante, la fine équipe consacre ce matin sa revue de presse du pire à la Saint-Valentin. C’est si drôle - et très tendance- de se foutre de la gueule des beaufs en citant Houellebecq…et de se tordre de rires complices et auto-satisfaits.
Cette suffisance, ce côté «vous pouvez pas comprendre, c’est très second degré», me fait à peine sourire et je suis tentée de leur couper la chique. D’autant que leurs élucubrations ne sont qu’une resucée paresseuse des captivants bulletins d’infos de la chaine.
Je ne sais pas pourquoi je continue à écouter cette chose. Un peu endormie, je déguste mon café. La bonne odeur du pain grillé dans les narines, je n’attends rien de bien nouveau mais bon, j’écoute encore un peu. La suite, j’aurais préféré ne pas l’entendre. Trop tard.
Le capitaine et les matelots de ce petit rafiot naviguent tout à coup sur de l’info nouvelle.
Arrive un reportage sur la Gav. C’est quoi ça ? demande l’ingénue fipette. La garde à vue, lui répond, bien rodé, son riant acolyte, et de sortir les chiffres : 900 000 gardes à vue par an en France, Ah ! Ça fait 1 français sur 9, quand même,qui risque de s’y retrouver un jour. C’est pas rien hein ?
Ah pardon ! - suit un inénarrable moment de grâce et de confusion, je me suis trompé avec ma calculette en fait ça fait 1 sur 90. Ah, vous m’avez fait peur ! La rigueur journalistique est à son plein - . Et nous voilà au cœur du sujet. Ce jeune homme a rencontré des consultants, qui proposent des formations à la garde à vue, moyennant 600 euros la journée. Quand même! s’exclame l’insupportable Fipette, faussement outrée, et trop mauvaise comédienne pour que je n’entende pas dans sa voix son admiration et sa concupiscence envers les répugnants spéculateurs, charognards de la peur, qu’elle et sa super équipe de petits merdeux présentent, tous fiers de leur immonde scoop, à mes oreilles soudain bourdonnantes.
Interviews croisées : Un participant au séminaire, après un entraînement avec le faux policier-consultant : « Au bout de 48 heures, est ce que je serai capable de me recentrer, …c’est un marathon, je dois m’adapter a la technique, je crois en la justice, mais si on me fait dire des choses que j’ai pas voulu dire… avec des mots qui peuvent être mal interprétés, … je vais me retrouver dans une situation avec un procès verbal que j’ai signé parce que j’ai craqué… »
Le formateur qui gère le côté technique, c'est-à-dire explique le chroniqueur « …qui joue au policier… » rappelle que : « l’objectif quasi officiel de la garde à vue consiste à placer le mis en cause dans une sorte d’état de choc qui anesthésie ses capacités d’analyse, de mémoire et de réaction. L intéressé ignore tout de la réalité des charges et de l’étendue de ce qui lui est reproche… La reine des preuves est l’aveu en France... »
La formatrice, qui elle, intervient sur les aspects psychologiques de la garde à vue explique son travail: «apprendre à réutiliser l’expérience dans d’autres contextes… » « En situation de crise et de coup dur on va culpabiliser sur plein de choses alors qu’on n’a rien fait et devoir payer le prix de sa culpabilité …comment éviter de craquer…»
A mon avis, il y a un marché à prendre, poursuit le chroniqueur.
Et moi j’ai la nausée.
12 février 2010
Vermine patriote
Relu mon billet publié hier. Mais pourquoi, pourquoi ? Ben, c’est le jeu. Il faut repartir de celui d’avant tu as dit. OK, mais là, ça va pas être facile. Hé, c’est bon, assume quoi ! Ouais, sinon, j’avais qu’à pas le publier hein ? Mon blog, c’est mon cahier à spirales, mes souvenirs pour mes vieux jours. Je le ferai lire à mes petits-enfants, ça va les faire crever de rire. M’en fous, je ne suis pas susceptible, simaisnon.
Pas entendu la radio depuis 2 jours. Face à moi-même. Il reste la toile et ses filets. Et la presse, que je ne lis pas tous les jours, loin s’en faut.
Je parcourais hier soir Télérama. Que je continue à acheter, malgré les railleries de ma fille, lucide et piquante trentenaire, qui m’a suggéré d’aller voir « Mother », film coréen de Joon-Ho Bong que j’ai vu cette semaine et qui m’a chavirée. « Mother », c’est le film d’un homme qui donne à voir, sans clichés ni mièvrerie, l’essence de la maternité, l’amour inconditionnel. Voilà, c’est dit, je ne suis pas critique de cinéma. Ni écrivain, ni poète, ça se saurait. Ca, c’était le lien avec ma pitoyable publication d’hier. Uhm.
Bon, aujourd’hui, le sujet c’est le courrier des lecteurs de Télérama. C’est comme les coms dans les blogs, on y lit des choses qui interpellent. Lu hier, à propos de la couverture du magazine de la semaine dernière, qui titrait, en gros caractères : « Nous sommes tous des mauvais Français », un courrier énervé d’un monsieur, choqué par ce titre « de mauvais goût », qu’il juge « à 100% dans la pensée unique à la mode dans les milieux bobos parisiens… ». Oui, oui, ça on sait, ça fait vachement avancer le schmilblic.
Mais, c’est juste après que ça devient vraiment très intéressant. « … Fils d’officier de marine, j’ai vécu dans plusieurs pays d’Afrique et d’Afrique du Nord. Partout, nous avons arrêté les guerres entre tribus et apporté du bien-être sur tous les plans (culturel, économique, santé, etc.) et nos départs ont été ressentis comme des abandons, voire des trahisons (sauf à ceux à qui nous avons légué le pouvoir avec les moyens d’exterminer les tribus rivales). … »
Et ce monsieur, très triste que notre beau pays ne soit devenu qu’un tout petit pays n’apportant plus au monde que des leçons de morale que plus personne n’écoute, d’en remettre une petite couche sur « … ce qui a fait notre grandeur passée… »
Hé ben moi, la pensée de ce monsieur, je lui chie dessus. Et ça me soulage.
Pas entendu la radio depuis 2 jours. Face à moi-même. Il reste la toile et ses filets. Et la presse, que je ne lis pas tous les jours, loin s’en faut.
Je parcourais hier soir Télérama. Que je continue à acheter, malgré les railleries de ma fille, lucide et piquante trentenaire, qui m’a suggéré d’aller voir « Mother », film coréen de Joon-Ho Bong que j’ai vu cette semaine et qui m’a chavirée. « Mother », c’est le film d’un homme qui donne à voir, sans clichés ni mièvrerie, l’essence de la maternité, l’amour inconditionnel. Voilà, c’est dit, je ne suis pas critique de cinéma. Ni écrivain, ni poète, ça se saurait. Ca, c’était le lien avec ma pitoyable publication d’hier. Uhm.
Bon, aujourd’hui, le sujet c’est le courrier des lecteurs de Télérama. C’est comme les coms dans les blogs, on y lit des choses qui interpellent. Lu hier, à propos de la couverture du magazine de la semaine dernière, qui titrait, en gros caractères : « Nous sommes tous des mauvais Français », un courrier énervé d’un monsieur, choqué par ce titre « de mauvais goût », qu’il juge « à 100% dans la pensée unique à la mode dans les milieux bobos parisiens… ». Oui, oui, ça on sait, ça fait vachement avancer le schmilblic.
Mais, c’est juste après que ça devient vraiment très intéressant. « … Fils d’officier de marine, j’ai vécu dans plusieurs pays d’Afrique et d’Afrique du Nord. Partout, nous avons arrêté les guerres entre tribus et apporté du bien-être sur tous les plans (culturel, économique, santé, etc.) et nos départs ont été ressentis comme des abandons, voire des trahisons (sauf à ceux à qui nous avons légué le pouvoir avec les moyens d’exterminer les tribus rivales). … »
Et ce monsieur, très triste que notre beau pays ne soit devenu qu’un tout petit pays n’apportant plus au monde que des leçons de morale que plus personne n’écoute, d’en remettre une petite couche sur « … ce qui a fait notre grandeur passée… »
Hé ben moi, la pensée de ce monsieur, je lui chie dessus. Et ça me soulage.
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