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03 avril 2016
07 septembre 2015
05 avril 2013
14 janvier 2013
Pensée du jour
" L’organisation
du travail et l’organisation des loisirs referment les ciseaux
castrateurs chargés d’améliorer la race des chiens soumis. "
Raoul VANEIGEM
Traité de savoir-vivre à l'usage
des jeunes générations (1967)
Raoul VANEIGEM
Traité de savoir-vivre à l'usage
des jeunes générations (1967)
07 septembre 2012
Les perroquets menteurs
C'est la rentrée !
Adieu momentané aux pyramides joyeuses et fêtes insouciantes !
Ca chauffe partout dans le monde, et le bourrage de crâne des citoyens de l'immonde (pour paraphraser mon ami Eric McComber) par les médias officiels que je peine toujours autant à écouter recommence à me fatiguer rare...
Il peut être intéressant de prendre le temps nécessaire pour visionner ce document dans son contexte, c'est par ici...
J'aime assez ça, me sentir moins seule grâce à mes découvertes sur le ouaibe !
Adieu momentané aux pyramides joyeuses et fêtes insouciantes !
Ca chauffe partout dans le monde, et le bourrage de crâne des citoyens de l'immonde (pour paraphraser mon ami Eric McComber) par les médias officiels que je peine toujours autant à écouter recommence à me fatiguer rare...
Il peut être intéressant de prendre le temps nécessaire pour visionner ce document dans son contexte, c'est par ici...
J'aime assez ça, me sentir moins seule grâce à mes découvertes sur le ouaibe !
17 mai 2012
02 mai 2012
Fulgurance...
«[...] j'ai pas d'idées moi ! aucune ! et je trouve rien de plus vulgaire, de plus commun, de plus dégoûtant que les idées ! les bibliothèques en sont pleines ! et les terrasses de café !... tous les impuissants regorgent d'idées !... et les philosophes !... c'est leur industrie les idées !... ils esbroufent la jeunesse avec ! ils la maquereautent !... la jeunesse est prête vous le savez à avaler n'importe quoi... à trouver tout : formidââââble ! s'ils l'ont commode donc les maquereaux ! le temps passionné de la jeunesse passe à bander et à se gargariser d' "idéass" ! ... de philosophies, pour mieux dire !... oui, de philosophies, Monsieur !... la jeunesse aime l'imposture comme les jeunes chiens aiment les bouts de bois, soi-disant os, qu'on leur balance, qu'ils courent après ! ils se précipitent, ils aboyent, ils perdent leur temps, c'est le principal ! aussi, voyez tous les farceurs pas arrêter de faire joujou avec la jeunesse... de lui lancer plein de bouts de bois creux, philosophiques... si elle s'époumone, la jeunesse !... et si elle biche !... qu'elle est reconnaissante !... ils savent ce qu'il faut, les maquereaux ! des idéâs !... et encore plus d'idéâs ! des synthèses ! et des mutations cérébrales !... au porto ! au porto, toujours ! logistique ! formidââââble !... plus que c'est creux, plus la jeunesse avale tout ! bouffe tout ! tout ce qu'elle trouve dans les bouts de bois creux... idéââs !... joujoux !...»
Louis Ferdinand Céline
Louis Ferdinand Céline
04 avril 2012
Coeur d'artichaut
Après quelques semaines de tumulte intérieur, je projette tranquillement une nouvelle vie. Je vends ma maison, j'en ai parlé ici, je pense en profiter pour quitter ce village du Var où je ne me suis jamais vraiment sentie chez moi et aller voir ailleurs si l'herbe n'est pas plus verte, ce qui n'est pas difficile, compte tenu de l'ambiance de merde du dit village.
Les choses se feront par étapes sans doute,j'essaie quand même de faire comme quand je marche, un pied devant l'autre. Ceci dit, il y a quand même des moments où j'ai un peu la trouille, je me barrerais bien de ma vie compliquée en courant, mais je sais pas bien faire. Je m'efforce alors de cultiver mon indestructible optimisme fondateur face à l'adversité. Oh yeah !
Bon, c'est pas vraiment de ça que je voulais vous parler, à vous mes fidèles lecteurs zet lectrices. Je pense plus particulièrement à Manouche, au Bourdon et à Anne au moment d'écrire ce billet, leurs commentaires de ma publication sur la page du défifoto consacré en ce premier avril au thème du " Coeur" ayant fait plutôt mouche.
Mon coeur, donc, parlons-en.
Manouche,toujours très perspicace, affirme qu'il a beaucoup bourlingué.
Oui, justement.
Vous qui avez eu l'occasion de lire mes emballements pour les hommes que j'ai rencontrés depuis ces presque deux ans où je suis célibataire et, il faut bien le dire, souvent célibattante, ne me démentirez pas. C'est un fait avéré, comme ils disent à la tévé.
A chaque fois, mon coeur démarre au quart de tour, les jours passent, et la fin de l'histoire arrive, inévitable, parfois douloureuse, souvent prévisible.
Bon, venons en au sujet de ce billet quand même.
C'est quoi, un coeur d'artichaut, vous demandez-vous peut-être.
Eh ben, le coeur d'artichaut, c'est moi, un beau spécimen d'authentique coeur d'artichaut, assumé et revendiqué !
Une feuille pour tout le monde !
Hé hé, c'est pas pour rien que je suis bretonne.
Uhm.
Bon allez ! La vie continue, avec, je l'espère bien, encore quelques belles rencontres futures.
Etre un coeur d'artichaut, c'est un peu fatiguant parfois, mais ça a l'immense avantage de provoquer des sensations fortes, il n'y a pas de place dans ma vie pour l'ennui et la routine. Et ça, j'aime bien !
Les choses se feront par étapes sans doute,j'essaie quand même de faire comme quand je marche, un pied devant l'autre. Ceci dit, il y a quand même des moments où j'ai un peu la trouille, je me barrerais bien de ma vie compliquée en courant, mais je sais pas bien faire. Je m'efforce alors de cultiver mon indestructible optimisme fondateur face à l'adversité. Oh yeah !
Bon, c'est pas vraiment de ça que je voulais vous parler, à vous mes fidèles lecteurs zet lectrices. Je pense plus particulièrement à Manouche, au Bourdon et à Anne au moment d'écrire ce billet, leurs commentaires de ma publication sur la page du défifoto consacré en ce premier avril au thème du " Coeur" ayant fait plutôt mouche.
Mon coeur, donc, parlons-en.
Manouche,toujours très perspicace, affirme qu'il a beaucoup bourlingué.
Oui, justement.
Vous qui avez eu l'occasion de lire mes emballements pour les hommes que j'ai rencontrés depuis ces presque deux ans où je suis célibataire et, il faut bien le dire, souvent célibattante, ne me démentirez pas. C'est un fait avéré, comme ils disent à la tévé.
A chaque fois, mon coeur démarre au quart de tour, les jours passent, et la fin de l'histoire arrive, inévitable, parfois douloureuse, souvent prévisible.
Bon, venons en au sujet de ce billet quand même.
C'est quoi, un coeur d'artichaut, vous demandez-vous peut-être.
Eh ben, le coeur d'artichaut, c'est moi, un beau spécimen d'authentique coeur d'artichaut, assumé et revendiqué !
Une feuille pour tout le monde !
Hé hé, c'est pas pour rien que je suis bretonne.
Uhm.
Bon allez ! La vie continue, avec, je l'espère bien, encore quelques belles rencontres futures.
Etre un coeur d'artichaut, c'est un peu fatiguant parfois, mais ça a l'immense avantage de provoquer des sensations fortes, il n'y a pas de place dans ma vie pour l'ennui et la routine. Et ça, j'aime bien !
19 mars 2012
Un lundi au soleil
" Le présent n'est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l'action"
Simone de Beauvoir
Simone de Beauvoir
28 février 2012
30 janvier 2012
A la croisée des chemins
Depuis plusieurs mois, tous les dimanches soirs, je prends la route et je rentre chez moi, dans cette douce maison que j'aime et qui est devenue il y a plus d'un an à présent mon refuge, une sorte de symbole de ma liberté retrouvée.
J'y ai soigné mes blessures, et reconstruit peu à peu avec mes enfants une vie tranquille et sereine, faite d'une solitude pas toujours assumée, d'angoisses vite effacées par une vie professionnelle bien remplie, laissant peu de temps aux questions.
Faire face aux échéances, trouver chaque mois les moyens de rembourser la banque pour garder la douce protection de ces murs, pour permettre aussi aux enfants de garder un ancrage les aidant à se réparer du départ de leur père.
C'était un défi, sans doute aussi une épreuve que je m'étais imposée, me débrouiller, vivre seule avec mes deux mômes sans rien demander à personne, maintenir le bateau à flots.
J'y suis parvenue jusqu'à présent, au prix d'un sacrifice qui ne m'est pas vraiment apparu comme tel pendant tous ces mois où 'ai passé ma vie à travailler comme une folle, douze heures par jour, passant sans transition de mon boulot du matin à mon service au restau, puis repartant l'après-midi faire visiter à mes clients maisons ou appartements.
Et voilà que tout bascule.
Parce que mon coeur bat de plus en plus fort pour Franckie, qui vit dans une autre ville, et que j'ai de plus en plus de mal à le quitter le dimanche soir, parce que quand je me ballade dans sa ville je me sens presque chez moi; me voilà presque prête à quitter ma maison, à recommencer là bas près de lui une nouvelle vie, avec mes mômes et mon envie de vivre cet amour qui grandit.
Et, parce que ma vie n'est faite que de ces éternels recommencements,
ce matin,
Je me sens une nouvelle fois à la croisée des chemins.
J'y ai soigné mes blessures, et reconstruit peu à peu avec mes enfants une vie tranquille et sereine, faite d'une solitude pas toujours assumée, d'angoisses vite effacées par une vie professionnelle bien remplie, laissant peu de temps aux questions.
Faire face aux échéances, trouver chaque mois les moyens de rembourser la banque pour garder la douce protection de ces murs, pour permettre aussi aux enfants de garder un ancrage les aidant à se réparer du départ de leur père.
C'était un défi, sans doute aussi une épreuve que je m'étais imposée, me débrouiller, vivre seule avec mes deux mômes sans rien demander à personne, maintenir le bateau à flots.
J'y suis parvenue jusqu'à présent, au prix d'un sacrifice qui ne m'est pas vraiment apparu comme tel pendant tous ces mois où 'ai passé ma vie à travailler comme une folle, douze heures par jour, passant sans transition de mon boulot du matin à mon service au restau, puis repartant l'après-midi faire visiter à mes clients maisons ou appartements.
Et voilà que tout bascule.
Parce que mon coeur bat de plus en plus fort pour Franckie, qui vit dans une autre ville, et que j'ai de plus en plus de mal à le quitter le dimanche soir, parce que quand je me ballade dans sa ville je me sens presque chez moi; me voilà presque prête à quitter ma maison, à recommencer là bas près de lui une nouvelle vie, avec mes mômes et mon envie de vivre cet amour qui grandit.
Et, parce que ma vie n'est faite que de ces éternels recommencements,
ce matin,
Je me sens une nouvelle fois à la croisée des chemins.
25 janvier 2012
19 janvier 2012
La citation du jour
" Moralement, de très nombreuses personnes parviennent cependant à supporter assez bien la vie en s'agitant pour oublier, c'est ainsi que certains sont champions de course à pied, président de la République, alcooliques ou chœurs de l'armée rouge. Autant d'occupations qui ne débouchent évidemment sur rien d'autre que sur la mort, mais qui peuvent apporter chez le malade une euphorie passagère, ou même permanente, chez les imbéciles notamment."
Pierre DESPROGES, Vivons heureux en attendant la mort
Pierre DESPROGES, Vivons heureux en attendant la mort
17 janvier 2012
Le syndrome du réverbère
Ce matin, de bonne heure, je lisais Monsieur Mistral, qui nous fait découvrir sur son blog le mot serendipité.
Comme toujours, j'ai cliqué, j'ai déambulé, cherché, lu, et finalement trouvé ça, en laissant aller mes yeux là où ils me conduisaient...
"Le syndrome du réverbère désigne cette tendance d'un individu, ayant perdu sa clef dans l'obscurité, à la rechercher dans la clarté, plus ou moins diffuse, du révèrbère le plus proche. Cette tendance est largement partagée par les politiques de développement et les options réformatrices y échappent rarement. On applique à des problèmes insuffisamment analysés les solutions empruntées à des politiques qui paraissent "avoir fait leur preuve", le critère de choix tenant à une "proximité" thématique ou étant lié à un dispositif livré "clef en main"."
Comme toujours, j'ai cliqué, j'ai déambulé, cherché, lu, et finalement trouvé ça, en laissant aller mes yeux là où ils me conduisaient...
"Le syndrome du réverbère désigne cette tendance d'un individu, ayant perdu sa clef dans l'obscurité, à la rechercher dans la clarté, plus ou moins diffuse, du révèrbère le plus proche. Cette tendance est largement partagée par les politiques de développement et les options réformatrices y échappent rarement. On applique à des problèmes insuffisamment analysés les solutions empruntées à des politiques qui paraissent "avoir fait leur preuve", le critère de choix tenant à une "proximité" thématique ou étant lié à un dispositif livré "clef en main"."
Voilà de quoi nourrir ma journée ....
15 décembre 2011
Ah non !
J'écoutais la radio en buvant mon café ce matin, comme toujours un peu distraite et mal réveillée.
Et comme chaque jour, dans le flux incessant des infos destinées à entretenir le climat propice et nécessaire à endormir nos consciences, un intermède étrange, une brève aussi ahurissante que décoiffante : j'entends que cette année, en cette période où le bon peuple n'aspire qu'à bambocher, les ventes de déguisements de soubrette et de masques de DSK explosent.
Interview à l'appui du lamentable pourvoyeur de cette pitoyable marchandise, et commentaire amusé du journaliste chargé de l'antenne.
Je sais pas pour vous, mais moi, ça me fait pas du tout marrer.
13 novembre 2011
02 octobre 2011
Largage dominical #27
Je déambulais sur la place baignée de soleil d’un joli quartier toulonnais où j'aime me ballader. Assez bourgeois, sans doute, à en juger par la vue splendide qu’offrent les terrasses des grandes maisons toutes orientées vers la mer. Je flanais, donc, accompagnée de ma fille, dans ce vide-grenier plutôt huppé, quand mon regard s’est arrêté sur une femme souriante, qui semblait jouer le jeu avec délice et appelait les passants d’un air enjoué. Elle vendait les chemises de son mari, celles qu’il n'a jamais mises. Elle était drôle cette femme, me proposant de lui acheter deux euros ces jolis vêtements qu’elle avait apportés en cadeau à son homme, et qu’il avait acceptés avec un tendre sourire, peut-être un peu moqueur, tout en sachant qu’il ne les porterait jamais plus d’une fois, juste pour lui faire plaisir.
Elle se mit à me les montrer toutes, accompagnant ses gestes du récit amusé et teinté de tendresse des souvenirs liés à ses cadeaux désormais étalés, un peu froissés, sur une bâche bleue. J’imaginais cette femme amoureuse traînant les boutiques en pensant à son homme. Je pouvais presque la voir rentrant chez eux, lui glissant joyeusement entre les mains un joli papier de soie contenant une de ces chemises, avec au fond du cœur le plaisir d’offrir à son amoureux un petit peu d’elle-même. Sa tranquille jovialité, sa façon de rire de bon cœur de ses « bides » m’ont tant attendrie que je l’ai laissée faire, complice et amusée. Tout en me parlant, elle me tendait les tissus provençaux, les douces soies brodées, les cotons colorés, et ce moment tout simple de connivence avec cette femme inconnue a fait remonter en moi le souvenir de la joie enfantine que j’éprouvais parfois, il n’y a pas si longtemps, à voir dans le regard aimé la petite lueur complice de ces moments futiles, quand on est deux, et que la vie est faite aussi de ces instants qui s’évanouissent vite, qui ont apparemment si peu d’importance, et dont on ne mesure la douceur que quand on les a perdus.
Je suis rentrée chez moi avec une chemise blanche, très belle, toute simple, et trop grande pour moi.
13 septembre 2011
La citation du jour #1
" La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l'objectif d'influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe."
Edward Bernays, Propaganda
Bernays a écrit "Propaganda" en 1928....
Edward Bernays, Propaganda
Bernays a écrit "Propaganda" en 1928....
11 septembre 2011
"Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux." Guy Debord
Oil, Smoke & Mirrors - Pétrole et écrans de fumée. par ReOpen911
A voir, je crois.
Et puis, avant ou après, lire Debord...
23 juin 2011
l'Adieu à ma blonde
Quarante ans. Depuis quarante ans, rien ne pouvait me séparer de toi.
Tout avait commencé dans la cour du lycée, par la découverte de ta saveur interdite et donc, délicieuse. Et puis, jour après jour, au fil du temps, tu étais devenue ma compagne, envahissant de ton odeur tenace mes vêtements et mes cheveux, omniprésente, jusqu'à presque devenir le prolongement naturel de ma main droite, dans laquelle tu te trouvais si souvent, attendant d'être allumée.
Tu as bercé ma jeunesse et accompagné ma longue vie de fumeuse. Je t'ai parfois adorée, parfois détestée en contemplant, rêveuse, le minuscule brasier orangé éclairant mes nuits sans sommeil. Et quand chaque matin je revenais vers toi, je me disais, inquiète, que jamais je ne pourrais vivre sans toi.
J'ai aimé ta saveur partagée avec les amis et ton heureux mariage avec mon café du matin. Et quand, après l'amour, tu venais magnifier un instant suspendu et remplacer les mots. J'ai maudit tant de fois ton odeur sur ma peau les lendemains d'abus, quand la tête embrumée, je jurais de ne plus jamais te rallumer, vaguement coupable et furieuse d'être à ce point dépendante de toi. Je me suis rebellée pour te garder, invoquant ma liberté au moment où quelques uns tentaient de me convaincre de t'abandonner. Et quand en écrivant, vidant comme une automate le paquet blanc et doré qui ne me quittait jamais et te laissant parfois te consumer dans le cendrier ou répandant ta cendre sur mon clavier, ce moment où je pourrais me passer de toi me paraissait encore bien improbable.
Tu jaunissais mes dents, tu ternissais mon teint, tu me cassais la voix, mais régnais sans partage sur mon existence, et voilà qu'aujourd'hui, ma passion pour toi est morte.
Elle s'est éteinte en douceur, sans effort, sans hâte. Et en quelques semaines, sans presque y penser, je me suis vraiment guérie de toi.
Je retrouve mon souffle, et mon palais s'émeut des saveurs subtiles qui disparaissaient derrière ton goût acre.
J'oublie déjà la tienne.
Adieu, ma blonde, ma clope.
Sans regrets.
Tout avait commencé dans la cour du lycée, par la découverte de ta saveur interdite et donc, délicieuse. Et puis, jour après jour, au fil du temps, tu étais devenue ma compagne, envahissant de ton odeur tenace mes vêtements et mes cheveux, omniprésente, jusqu'à presque devenir le prolongement naturel de ma main droite, dans laquelle tu te trouvais si souvent, attendant d'être allumée.
Tu as bercé ma jeunesse et accompagné ma longue vie de fumeuse. Je t'ai parfois adorée, parfois détestée en contemplant, rêveuse, le minuscule brasier orangé éclairant mes nuits sans sommeil. Et quand chaque matin je revenais vers toi, je me disais, inquiète, que jamais je ne pourrais vivre sans toi.
J'ai aimé ta saveur partagée avec les amis et ton heureux mariage avec mon café du matin. Et quand, après l'amour, tu venais magnifier un instant suspendu et remplacer les mots. J'ai maudit tant de fois ton odeur sur ma peau les lendemains d'abus, quand la tête embrumée, je jurais de ne plus jamais te rallumer, vaguement coupable et furieuse d'être à ce point dépendante de toi. Je me suis rebellée pour te garder, invoquant ma liberté au moment où quelques uns tentaient de me convaincre de t'abandonner. Et quand en écrivant, vidant comme une automate le paquet blanc et doré qui ne me quittait jamais et te laissant parfois te consumer dans le cendrier ou répandant ta cendre sur mon clavier, ce moment où je pourrais me passer de toi me paraissait encore bien improbable.
Tu jaunissais mes dents, tu ternissais mon teint, tu me cassais la voix, mais régnais sans partage sur mon existence, et voilà qu'aujourd'hui, ma passion pour toi est morte.
Elle s'est éteinte en douceur, sans effort, sans hâte. Et en quelques semaines, sans presque y penser, je me suis vraiment guérie de toi.
Je retrouve mon souffle, et mon palais s'émeut des saveurs subtiles qui disparaissaient derrière ton goût acre.
J'oublie déjà la tienne.
Adieu, ma blonde, ma clope.
Sans regrets.
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