11 octobre 2011

Que dire ?


Que dire
Des troubles de l'âme
de la glisse des pensées
Des dérapages du sens

Que dire
Du corps qui se rénove
Par la grâce d'une parole
Le secours d'une caresse
La saveur d'une malice

Que dire
Des jours si vivaces
Des heures si ténues
De la geôle des mots
De l'attrait du futur

Que dire
De l'instant
Tantôt ennemi
tantôt ami ? 


Andrée Chédid
"Rythmes"

Comme un écho


Te voilà guéri, intrépide. Intrépide et stupide, secoué dans le désordre que tu détestes, toujours en fuite de quelque chose, ton traîneau entouré de neige et de loups.
Te voilà guéri et seul, revenu l'hiver dans cette grande maison vide où tu écrivais ce livre, entouré d'une famille. Tu écrivais ce livre dont tu corriges les premières épreuves auxquelles tu ne comprends presque plus rien.
Intrépide et stupide, encombré de tâches qui t'entraînent dans des tâches, essayant d'atteindre un but que tu ornes comme un arbre de Noël.
As-tu droit à Noël et à une maison calme ? As-tu le droit d'écrire ces oeuvres de calme qui jugent les hommes et les condamnent à mort ?
L'autre soir, pendant une conversation à table, tu as appris ton âge. Tu ne le savais même pas car tu comptes mal et tu n'établissait pas le moindre rapport entre la date de ta naissance et l'année où nous sommes. Quelque chose en toi en a été stupéfait. Ce quelque chose s'est pernicieusement communiqué à l'organisme, jusqu'à ce que tu te dises : "Je suis vieux." Tu préférais sans doute t'entendre dire : "Tu es jeune", et croire ce que te racontent les flatteurs.
Intrépide et stupide, il te fallait prendre un parti. Cela limite la difficulté d'être, puisque pour ceux qui embrassent une cause, ce qui n'est pas cette cause n'existe pas.
Mais toutes ces causes te sollicitent. Tu as voulu ne te priver d'aucune. Te glisser entre toutes et faire passer le traîneau.
Eh bien, débrouille-toi, intrépide ! Intrépide et stupide, avance. Risque d'être jusqu'au bout.

Jean Cocteau
La difficulté d'être : postface

09 octobre 2011

Largage dominical #28


what can we do?
at their best, there is gentleness in Humanity.
some understanding and, at times, acts of
courage
but all in all it is a mass, a glob that doesn't
have too much.
it is like a large animal deep in sleep and
almost nothing can awaken it.
when activated it's best at brutality,
selfishness, unjust judgments, murder.
what can we do with it, this Humanity?
nothing.
avoid the thing as much as possible.
treat it as you would anything poisonous, vicious
and mindless.
but be careful. it has enacted laws to protect
itself from you.
it can kill you without cause.
and to escape it you must be subtle.
few escape.
it's up to you to figure a plan.
I have met nobody who has escaped.
I have met some of the great and
famous but they have not escaped
for they are only great and famous within
Humanity.
I have not escaped
but I have not failed in trying again and
again.
before my death I hope to obtain my
life.

Charles Bukowski
from blank gun silencer - 1994

08 octobre 2011

Oh yeah

II faut tourner la page
Changer de paysage
Le pied sur une berge
Vierge
II faut tourner la page
Toucher l'autre rivage
Littoral inconnu
Nu
Et là, enlacer l'arbre
La colonne de marbre
Qui fuse dans le ciel
Tel
Que tu quittes la terre
Vers un point solitaire
Constellé de pluriel
II faut tourner la page...
Redevenir tout simple
Comme ces âmes saintes
Qui disent dans leurs yeux
Mieux
Que toutes les facondes
Des redresseurs de monde
Des faussaires de Dieu
II faut tourner la page
Jeter le vieux cahier
Le vieux cahier des charges
Oh yeah
II faut faire silence
Traversé d'une lance
Qui fait saigner un sang
Blanc
II faut tourner la page
Aborder le rivage
Où rien ne fait semblant
Saluer le mystère
Sourire
Et puis se taire

02 octobre 2011

Largage dominical #27

Je déambulais sur la place baignée de soleil d’un joli quartier toulonnais où j'aime me ballader. Assez bourgeois, sans doute, à en juger par la vue splendide qu’offrent les terrasses des grandes maisons toutes orientées vers la mer. Je flanais, donc, accompagnée de ma fille, dans ce vide-grenier plutôt huppé, quand mon regard s’est arrêté sur une femme souriante, qui semblait jouer le jeu avec délice et appelait les passants d’un air enjoué. Elle vendait les chemises de son mari, celles qu’il n'a jamais mises. Elle était drôle cette femme, me proposant de lui acheter deux euros ces jolis vêtements qu’elle avait apportés en cadeau à son homme, et qu’il avait acceptés avec un tendre sourire, peut-être un peu moqueur, tout en sachant qu’il ne les porterait jamais plus d’une fois, juste pour lui faire plaisir. Elle se mit à me les montrer toutes, accompagnant ses gestes du récit amusé et teinté de tendresse des souvenirs liés à ses cadeaux désormais étalés, un peu froissés, sur une bâche bleue. J’imaginais cette femme amoureuse traînant les boutiques en pensant à son homme. Je pouvais presque la voir rentrant chez eux, lui glissant joyeusement entre les mains un joli papier de soie contenant une de ces chemises, avec au fond du cœur le plaisir d’offrir à son amoureux un petit peu d’elle-même. Sa tranquille jovialité, sa façon de rire de bon cœur de ses « bides » m’ont tant attendrie que je l’ai laissée faire, complice et amusée. Tout en me parlant, elle me tendait les tissus provençaux, les douces soies brodées, les cotons colorés, et ce moment tout simple de connivence avec cette femme inconnue a fait remonter en moi le souvenir de la joie enfantine que j’éprouvais parfois, il n’y a pas si longtemps, à voir dans le regard aimé la petite lueur complice de ces moments futiles, quand on est deux, et que la vie est faite aussi de ces instants qui s’évanouissent vite, qui ont apparemment si peu d’importance, et dont on ne mesure la douceur que quand on les a perdus. Je suis rentrée chez moi avec une chemise blanche, très belle, toute simple, et trop grande pour moi.

18 septembre 2011

Largage dominical#26


Ton rire
Tu peux m’ôter le pain,
m’ôter l’air, si tu veux :
ne m’ôte pas ton rire.
Ne m’ôte pas la rose,
le fer que tu égrènes
ni l’eau qui brusquement
éclate dans ta joie
ni la vague d’argent
qui déferle de toi.
De ma lutte si dure
je rentre les yeux las
quelquefois d’avoir vu
la terre qui ne change
mais, dès le seuil, ton rire
monte au ciel, me chercha
et ouvrant pour moi toutes
les portes de la vie.
A l’heure la plus sombre
égrène, mon amour,
ton rire, et si tu vois
mon sang tacher soudain
les pierres de la rue,
ris : aussitôt ton rire
se fera pour mes mains
fraîche lame d’épée.
Dans l’automne marin
fais que ton rire dresse
sa cascade d’écume,
et au printemps, amour,
que ton rire soit comme
la fleur que j’attendais,
la fleur guède, la rose
de mon pays sonore.
Moque-toi de la nuit,
du jour et de la lune,
moque-toi de ces rues
divagantes de l’île,
moque-toi de cet homme
amoureux maladroit,
mais lorsque j’ouvre, moi,
les yeux ou les referme,
lorsque mes pas s’en vont,
lorsque mes pas s’en viennent,
refuse-moi le pain,
l’air, l’aube, le printemps,
mais ton rire jamais
car alors j’en mourrais.
(Pablo Neruda)

13 septembre 2011

La citation du jour #1

" La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l'objectif d'influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe."


Edward Bernays, Propaganda


Bernays a écrit "Propaganda" en 1928....

11 septembre 2011


"Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux." Guy Debord

Oil, Smoke & Mirrors - Pétrole et écrans de fumée. par ReOpen911

A voir, je crois.
Et puis, avant ou après, lire Debord...


11 septembre... et pas seulement

Demain,  l'Histoire


Triste pareil à moi il ne s'en fait plus
je regarde ce peuple qui va bientôt mourir
triste ainsi qu'il n'est plus possible
de l'être autant


personne ici ne meurt de sa belle mort
c'est un peu de nous tous en celui qui s'en va
et c'est en celui qui naît un peu de nous tous
qui devient autre


toi aussi tu seras triste un jour Humanité
mal tu auras dans les os certains siècles
le mal fantôme dans la vacance historique
de l'origine


Hommes
l'Histoire ne sera peut-être plus
retenez les noms des génocides
pour qu'en votre temps vous n'ayez pas les vôtres 
hommes
il faut tuer la mort qui  sur nous s'abat
et ceci appelle l'insurrection de la poésie 




Gaston Miron L'homme rapaillé

10 septembre 2011

Pierre en Malaisie

















Six mois déjà que tu as choisi de quitter la Vieille Europe pour aller vivre en Malaisie.
Des bises, mon amour.
Continues à prendre soin de toi, et sois heureux.

05 septembre 2011

Une Île


















































































































Ma maison désertée pendant ces quelques jours a gardé l’odeur de l’encens que j’y ai fait brûler avant de la quitter. Je reprends contact avec ma vie en défaisant nos sacs. Je regarde dehors la pluie tomber et j’imagine la même fenêtre, celle de cette maison que j'aime, ouverte sur la mer, sur les bateaux dansant dans le vent de là bas. Dans quelques jours, il ne restera presque rien de cette escapade, quelques photos, quelques souvenirs revenant au cœur d’une conversation. Peu à peu nos corps perdront les belles couleurs que leur a donnés cette semaine marine. Un pincement léger au cœur me rappelle à la douceur de cette île si jolie. Cette île où je m’imagine désormais en hiver, passagère d’une chambre donnant sur la mer, le vent faisant claquer les volets. Je rêve soudain de m’offrir ce luxe inouï: Passer un mois entier à Porquerolles, avec pour seuls bagages mon ordinateur, mon appareil photo, un cahier et des stylos.
Une image me revient sans cesse. Celle de Claudine, cette femme rencontrée là bas.
Cette femme au doux visage fatigué, revenue sur son île après vingt ans d’absence.
Elle a su si bien m'expliquer en quelques mots la vraie vie sur son île, me raconter la douceur de l’hiver après la dureté du labeur estival de ceux qui se battent pour y rester. Comme beaucoup d'îliens, elle lutte chaque jour pour subsister en composant avec la mafia du fric créée par ceux qui ont les moyens de s’offrir les maisons et les appartements reloués l’été à prix d’or aux touristes, à ceux qui, comme moi, viennent s’imprégner pendant quelques heures ou quelques jours de la magie de ce petit paradis sauvage et beau, où le mètre carré atteint des prix m'interdisant tout rêve de m'y installer.
Je songe à y revenir, seule cette fois ci, à m’enfermer, à écrire.
Car s’il est une chose que cette petite île magnifique a réveillé en moi, c’est  l'envie d’écrire.
Mais en attendant, retour à la routine.
La course dès le matin jusqu’à la fin du jour.
Les nuits sans sommeil passées à se demander pourquoi c’est si difficile parfois.
Les lendemains pleins d’espoir.
Et ainsi de suite.
La vie, la vraie vie, la mienne.
Celle où on se dit chaque jour que, forcément, demain sera meilleur.
Et l’attente, la stimulante attente du retour en solitaire sur le joli caillou, bientôt, peut-être.
  

27 août 2011

Porquerolles

Les vacances se terminent bientôt.
Nous, on a décidé de finir en beauté, alors aujourd'hui, on s'en va là pour une semaine.
C'est pas loin de chez nous, juste à 20 minutes de route et 20 autres de bateau
Là bas, pas de voitures, pas d'internet, juste la mer, les rochers, les plages et les petits chemins à parcourir au royaume du vélo, le nez au vent et les cheveux en bataille.
Et puis les soirées sur l'île soudain désertée par les touristes, la douceur du soir sur la place du village, à regarder les gens jouer aux boules ou boire des pots sur les terrasses.


Je ne doute pas une seconde que l'image de la paix du Défifoto du 1er septembre se cache là-bas, quelque part...
Au retour, je vous raconterai.
Portez-vous bien tous.

25 août 2011

Un bel été

Lundi. J'ai déposé Nino Et Lili sur la plage. Dans leurs combinaisons de plongée, par 30 °, ils transpiraient à grosses gouttes. Je suis partie, vaguement inquiète de les laisser en plein soleil attendre le début de leur cours.
Deux heures plus tard, je les vois arriver sur le bord de la plage, sur leurs planches, voiles au vent et sourires jusqu'aux oreilles.
-" Ah, c'tait géant Maman, dommage que t'aies pas pu venir avec nous"
- " T'as vu hein, j'ai réussi, j'ai pas tout compris encore comment ça marche, mais j'ai réussi!"


Dans leurs yeux, il y a ce plaisir enfantin que j'aime et que je lis si souvent désormais sur leurs visages bronzés et épanouis.
C'est décidément un bel été...


Jeudi. Ils apprennent à vitesse grand V et semblent s'éclater comme des fous, malgré le vent qui tourne et les difficultés, gamelles, bleus et chocs en tout genre...


Quelques photos de ces vacances qui passent si vite...














































































21 août 2011

Largage dominical #25

Je ne connaissais que de nom et n'ai jamais lu Gil Courtemanche.
Un billet lu chez Venise m'a donné envie de chercher un peu
J'ai trouvé et téléchargé un extrait de son dernier ouvrage "Je ne veux pas mourir seul",
et ses mots se sont trouvés, là, sous mes yeux, terribles, si terribles.


"....  être confronté au malheur des autres, apprendre de leur résilience. Je hais ce mot qui prétend annuler toutes les douleurs comme une aspirine. La douleur existe. Elle peut tuer. Miner les âmes les plus fortes et les réduire à un état cadavérique. 
Elle peut éteindre l’intelligence, la confisquer, la rendre inopérante. La douleur n’est pas un passage, ce peut être un état, un mode de vie. On peut l’apprivoiser, la gérer. 
Cela ne nous rend pas plus heureux ou vivant. Cela nous rend douloureux, contrôlé comme un malade chronique qui gère sa maladie. Un diabétique de la douleur. ..."

Lire ça, ça me fait froid dans le cœur...


20 août 2011

19 août 2011

du tac au tac

Mon pote Christophe, grand gaillard d'une quarantaine d'années, aime bien taquiner mon fils et ils se chamaillent souvent. 


Aujourd'hui , dialogue après le déjeuner.
On a mangé de l'Aïoli aujourd'hui, le contexte des vannes est donc marin.


Christophe, (à Nino qui tient beaucoup à ses dreadlocks)
- "Hé Nino, t'en a pas marre d'avoir un poulpe sur la tête ?"


Nino, (à Christophe, qui est disons, enrobé)
- "Ben moi, je préfère ça qu'avoir un cachalot dans le bidon !"


Plié de rire le Christophe.





15 août 2011

Nouveau matin

Je regarde ce matin dans le miroir mes yeux à nouveau si clairs, et ces rides, mes rides que je me surprends à aimer et qui tracent sur mon visage les sillons de mon sourire enfin retrouvé. 
Et ce que je vois dans ce miroir, c’est toi.
Toi qui aimes tant le matin.

12 août 2011

Reflux


Quand le sourire éclatant des façades déchire le décor fragile du matin ; quand l'horizon est encore plein du sommeil qui s'attarde, les rêves murmurant dans les ruisseaux des haies ; quand la nuit rassemble ses haillons pendus aux basses branches, je sors, je me prépare, je suis plus pâle et plus tremblant que cette page où aucun mot du sort n'était encore inscrit. Toute la distance de vous à moi - de la vie qui tressaille à la surface de la main au sourire mortel de l'amour sur sa fin - chancelle, déchirée. La distance parcourue d'une seule traite sans arrêt, dans les jours sans clarté et les nuits sans sommeil. Et, ce soir, je voudrais, d'un effort surhumain, secouer toute cette épaisseur de rouille - cette rouille affamée qui déforme mon coeur et me ronge les mains. Pourquoi rester si longtemps enseveli sous les décombres des jours et de la nuit, la poussière des ombres. Et pourquoi tant d'amour et pourquoi tant de haine. Un sang léger bouillonne à grandes vagues dans des vases de prix. Il court dans les fleuves du corps, donnant à la santé toutes les illusions de la victoire. Mais le voyageur exténué, ébloui, hypnotisé par les lueurs fascinantes des phares, dort debout, il ne résiste plus aux passes magnétiques de la mort. Ce soir je voudrais dépenser tout l'or de ma mémoire, déposer mes bagages trop lourds. Il n'y a plus devant mes yeux que le ciel nu, les murs de la prison qui enserrait ma tête, les pavés de la rue. Il faut remonter du plus bas de la mine, de la terre épaissie par l'humus du malheur, reprendre l'air dans les recoins les plus obscurs de la poitrine, pousser vers les hauteurs - où la glace étincelle de tous les feux croisés de l'incendie - où la neige ruisselle, le caractère dur, dans les tempêtes sans tendresse de l'égoïsme et les dérisions tranchantes de l'esprit.
Pierre REVERDY
(Ferraille).

29 juillet 2011

Jeu poétique

Allez, un petit jeu en ces journées d'été.
Qui a écrit ce poème, selon toi ?




A force de frayer
Avec toutes nos paroles
A force de voisiner
Avec nos sombres passions
A force de s'effriter
Sur les corps de passage
L'Amour a-t'il perdu
Innocence et plaisir ?


A force de renaître
Auréolé de rêve
A force de s'émouvoir
Au passage du désir
A force de s'animer
Au couleurs de la vie
L'Amour se perpétue
Dans l'être
Et l'infini

Clair de lune

Lune mellifluente aux lèvres des déments
Les vergers et les bourgs cette nuit sont gourmands
Les astres assez bien figurent les abeilles
De ce miel lumineux qui dégoutte des treilles
Car voici que tout doux et leur tombant du ciel
Chaque rayon de lune est un rayon de miel
Or caché je conçois la très douce aventure
J’ai peur du dard de feu de cette abeille Arcture
Qui posa dans mes mains des rayons décevants
Et prit son miel lunaire à la rose des vents



Guillaume Apollinaire
Alcools
1913

21 juillet 2011

Musique de l'Ame

Un voyage dans les musiques de l'âme.
Et une dédicace spéciale pour toi qui te reconnaîtras

20 juillet 2011

La marée, je l'ai dans le coeur


















Elle se retirait. Elle le sentait depuis plusieurs jours déjà, à quelques frémissements de son être, qu'elle allait se retirer. Pas dans sa coquille, l'a pas de coquille. Pas dans sa bulle, trop fragile sa bulle. Non elle se retirait au-delà d'elle-même. Loin. Très loin. Aussi loin que l'océan aux marées d'équinoxe. Sauf qu'elle ignorait si elle reviendrait dans 6 heures 6 jours ou 6 semaines. L'avait plus de lunaisons, plus de saisons non plus. 
Mais de quoi je me protège, là ?... Arrête ! Cesse de te poser des questions, vire tes points d'interrogation, suis ton mouvement intérieur, laisse dériver, retire-toi. Tu reviendras de toute façon. Je reviendrai de toute façon. "La marée je l'ai dans le coeur...."





Ce texte volé chez Blogamû, il résonne en moi comme si je l'avais écrit....

17 juillet 2011

Largage dominical #24




I've been out walking
I don't do too much talking these days
These days
These days I seem to think a lot about the things that I forgot to do
And all the times I had the chance to

I stopped my rambling
I don't do too much gambling these days
These days
These days I seem to think about how all the changes came about my ways
And I wonder if I'd see another highway
I had a lover
I don't think I'll risk another these days
These days

And if I seem to be afraid to live the life that I have made in song
It's just that I've been losing
So long

La la la la la
La la

I've stopped my dreaming
I won't do too much scheming these days
These days
These days I sit on cornerstones and count the time in quarter tones to ten
Please don't confront me with my failures
I had not forgotten them 



16 juillet 2011

Le visage triomphant


L'ombre se couche sur nos plaines,
S'allonge dans nos puits, annule nos maisons.
La vie est trop nombreuse, la barque trop fragile
Pour traverser seul les images et le temps.
Parfois tu deviens fleuve où rien ne se reflète.
Tu deviens sables étourdis par le vent.
Sous l'étoile impassible : ce passant qui chancelle,
Ce chêne sans oiseau, cet oiseau sans allié.
Tu revois tu revois les prairies qui saignent,
Longue est la misère brèves sont nos cités.
Les amours se dénouent le soleil reste le même,
Tu ne vois nulle part le bourreau terrassé.
La vie est trop nombreuse, la barque trop fragile
Pour traverser seul les images et le temps.
Mais toujours on trouve une voix pour la sienne,
Mais toujours on trouve un regard pour sa peine.
Je chante le visage triomphant.
Andrée Chedid

15 juillet 2011

Sur l'Amour

Alors Almitra dit : "Parle-nous de l'Amour."
Puis il leva la tête et posa le regard sur le peuple, et le silence régna. Et avec sa formidable voix il dit :
"Quand l'Amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses chemins soient escarpés et sinueux.
Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui,
En dépit de l'épée cachée dans son plumage qui pourrait vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui,
Même si sa voix fracasse vos rêves, comme le vent du nord saccage les jardins.
Car comme l'amour vous coiffe d'une couronne, il peut aussi vous clouer sur une croix.
Et de même qu'il vous invite à croître, il vous incite à vous ébrancher.
Autant il s'élève au plus haut de vous-même et caresse les plus tendres de vos branches qui frémissent dans le soleil, 
Autant cherche-t-il à s'enfoncer au plus profond de vos racines et à les ébranler dans leurs attaches à la terre.
Pareilles à des brassées de blé il vous ramasse et vous enlace.
Il vous bat au fléau pour vous mettre à nu.
Il vous passe au tamis pour vous libérer de votre balle.
Il vous moud jusqu'à la blancheur.
Il vous pétrit au point de vous assouplir ;
Et puis il vous livre à son feu vénéré, afin que vous deveniez pain sacré pour le saint festin de Dieu.
Voilà tout ce que l'amour fera en vous afin que vous puissiez déceler les secrets de votre coeur, et devenir ainsi un fragment du coeur de la Vie.
Mais si dans votre crainte vous ne recherchiez que la paix et le plaisir de l'amour,
Alors il serait préférable pour vous de couvrir votre nudité, de quitter l'aire de battage de l'amour,
Et de vous retirer vers un monde sans saisons,
Où vous pourrez rire sans laisser jaillir tous les éclats de votre rire,
Où vous pourrez pleurer sans jamais libérer toute l'amertume de vos larmes.
L'amour ne donne rien que lui-même et ne prend rien que de lui-même.
L'amour ne peut posséder et ne peut être possédé 
Car l'amour suffit à l'amour.
Quand vous aimez, ne dites pas : "Dieu est en mon coeur", mais plutôt : "Je suis dans le coeur de Dieu".
Et ne croyez pas que vous pouvez diriger le cours de l'amour, car si l'amour vous trouve digne, lui-même guidera votre coeur.
L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et devez éprouver des désirs, que ceux-ci soient les vôtres :
Fondre en un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur d'un flot de tendresse.
Etre blessé par votre propre perception de l'amour ;
Et laisser couler votre sang volontairement et joyeusement.
Vous réveiller à l'aube avec un coeur ailé et rendre grâce à Dieu pour cette nouvelle journée d'amour ;
Vous reposer à midi et méditer sur l'extase de l'amour ;
Regagner votre foyer au crépuscule en remerciant le ciel ;
Puis vous endormir avec une prière pour l'être aimé en votre coeur et un chant de louanges sur vos lèvres."

KHALIL GIBRAN
"Le Prophète"

10 juillet 2011

Art infiltrant


Il s'appelle JR. 
Et considère la rue comme la plus grande galerie d'art au Monde.
Depuis 2004, il travaille, expose, voyage, filme.
Comme beaucoup de gens j'ai vu les photos de son projet FACE2FACE en 2007, mais je n'en savais pas plus sur ce jeune artiste de 27 ans.

Pour ceux que ça intéresse , c'est ici que ça se passe 

Et puis ici, pour aller plus loin si ça vous dit !
Avis aux Défifoteurs !

06 juillet 2011

Toi la seule

Toi la seule et j’entends les herbes de ton rire 
Toi c’est la tête qui t’enlève 
Et du haut des dangers de mort 
Sur les globes brouillés de pluie des vallées 
Sous la lumière lourde sous le ciel de terre 
Tu enfantes la chute. 
Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant 
Ni la paresse ni la fatigue 
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles 
Au matin des caprices 
Au matin des caresses visibles 
Au grand matin de l’absence la chute. 
Les barques de tes yeux s’égarent 
Dans la dentelle des disparitions 
Le gouffre est dévoilé aux autres de l’éteindre 
Les ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.

Paul Eluard
(L'Amour la poésie- Premièrement- VI. Toi la seule)

05 juillet 2011

l'Aube je t'aime

L’aube je t’aime j’ai toute la nuit dans les veines 
Toute la nuit je t’ai regardée 
J’ai tout à deviner je suis sûr des ténèbres 
Elles me donnent le pouvoir 
De t’envelopper 
De t’agiter désir de vivre Au sein de mon immobilité 
Le pouvoir de te révéler 
De te libérer de te perdre 
Flamme invisible dans le jour. 
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur le jour 
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur moi-même.

Paul Eluard
(L'Amour la poésie- Premièrement- XX. L’aube je t’aime)

l'Amour la poésie

Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage des tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde Clairs et perpétuels.
Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

Paul Eluard - 

(L'Amour la poésie, Premièrement -VIII. Mon amour pour avoir figuré mes désirs)

Manifeste

On m'a dit : "Fais des chansons comme-ci" On m'a dit : "Fais des chansons comme-ça" Mais que surtout ça ne pa...