29 avril 2013

Juste un poème

Il souffle un vent terrible. 
Ce n’est qu’un petit trou dans ma poitrine, 
Mais il y souffle un vent terrible,
Petit village de Quito, tu n’es pas pour moi. 
J’ai besoin de haine, et d’envie, c’est ma santé. 
Une grande ville, qu’il me faut. 
Une grande consommation d’envie.
Ce n’est qu’un petit trou dans ma poitrine, 
Mais il y souffle un vent terrible, 
Dans le trou il y a haine (toujours), effroi aussi et impuissance, 
Il y a impuissance et le vent en est dense, 
Fort comme sont les tourbillons. 
Casserait une aiguille d’acier, 
Et ce n’est qu’un vent, un vide. 
Malédiction sur toute la terre, sur toute la civilisation, sur tous les êtres à la surface de toutes les planètes, à cause de ce vide ! 
Il a dit, ce monsieur le critique, que je n’avais pas de haine. 
Ce vide, voilà ma réponse. 
Ah ! Comme on est mal dans ma peau ! 
J’ai besoin de pleurer sur le pain de luxe, de la domination, et de l’amour, sur le pain de gloire qui est dehors, 
J’ai besoin de regarder par le carreau de la fenêtre, 
Qui est vide comme moi, qui ne prend rien du tout. 
J’ai dit pleurer : non, c’est un forage à froid, qui fore, fore, inlassablement, 
Comme sur une solive de hêtre deux cents générations de vers qui se sont légué cet héritage : « Fore... Fore. » 
C’est à gauche, mais je ne dis pas que c’est le cœur. 
Je dis trou, je ne dis pas plus, c’est de la rage et je ne peux rien. 
J’ai sept ou huit sens. Un d’eux : celui du manque. 
Je le touche et le palpe comme on palpe du bois. 
Mais ce serait plutôt une grande forêt, de celles-là qu’on ne trouve plus en Europe depuis longtemps. 
Et c’est ma vie, ma vie par le vide. 
S’il disparaît, ce vide, je me cherche, je m’affole et c’est encore pis. 
Je me suis bâti sur une colonne absente. 
Qu’est-ce que le Christ aurait dit s’il avait été fait ainsi ? 
Il y a de ces maladies, si on les guérit, à l’homme il ne reste rien, 
Il meurt bientôt, il était trop tard. 
Une femme peut-elle se contenter de haine ? 
Alors aimez-moi, aimez-moi beaucoup et me le dites, 
M’écrivez, quelqu’une de vous.
 Mais qu’est-ce que c’est, ce petit être ? 
Je ne l’apercevrais pas longtemps. 
Ni deux cuisses ni un grand cœur ne peuvent remplir mon vide. 
Ni des yeux pleins d’Angleterre et de rêve comme on dit. 
Ni une voix chantante qui dirait complétude et chaleur.
Les frissons ont en moi du froid toujours prêt. 
Mon vide est un grand mangeur, grand broyeur, grand annihileur. 
Mon vide est ouate et silence. 
Silence qui arrête tout. 
Un silence d’étoiles. 
Quoique ce trou soit profond, il n’a aucune forme. 
Les mots ne le trouvent pas, 
Barbotent autour. 
J’ai toujours admiré que des gens qui se croient gens de révolution se sentissent frères. 
Ils parlaient l’un de l’autre avec émotion : coulaient comme un potage. 
Ce n’est pas de la haine, ça, mes amis, c’est de la gélatine. 
La haine est toujours dure, 
Frappe les autres, 
Mais racle ainsi son homme à l’intérieur continuellement. 
C’est l’envers de la haine. 
Et point de remède. 
Point de remède.

Henri Michaux - Je suis né troué- ESCUADOR -1929

18 avril 2013

Les veilleurs de Fukushima

Ils sont les veilleurs de Fukushima.

Ils publient, inlassablement, sur leurs blogs, les infos que les médias ne nous montreront jamais.

Voici les liens que j'ai suivi,  pour ceux que le sujet intéresse.
le blog de Fukushima
Un blog sur la barbarie nucléaire



01 avril 2013

A la télé autrefois.....

Défifoto, les rejets du thème "Chevaux"

Le thème de ce mois ci ne m'inspirait guère, aller chasser les chevaux dans les centres hippiques du coin ne me tentait pas vraiment.
J'avais donc décidé de dériver sur le thème, et j'ai tenté de photographier cet engin garé près de chez moi, sans grande conviction, avant que mon regard vienne se poser sur l'objet que j'ai finalement choisi de proposer pour illustrer le thème de ce premier avril.





20 mars 2013

Brève cuersoise

Je finissais la plonge, un peu lassée par un service interminable quand elles sont arrivées, comme chaque jour ou presque. Elles se sont assises à "leur" table devant le bar, m'ont commandé un chocolat et une tisane, et ont commencé à parler fort avec l'accent chantant d'ici.

- Y a le beau-frère de ma belle soeur qu'est mort la semaine dernière !
- Ah bon ! Et de quoi il est mort ?
- D'un cancer
- Un cancer de quoi ?
- Je sais pas, maintenant, avec les nouveaux cancers, tu peux plus savoir !

08 mars 2013

Lili et Marian Adreani

Il l'a croisée à la Japan Expo de Marseille. Il lui a demandé de poser pour lui.
Elle, c'est ma Lili, qui portait ce jour là pour la première fois le cosplay d'Amir, l'héroïne de Brides Stories, un très beau manga dont l'histoire se déroule dans un village d'Asie Centrale.
Lui, c'est Marian Adreani, jeune photographe né en Roumanie en 1989, qui vit et travaille entre Marseille et Paris.  
Il lui a envoyé la photo qu'il a gardée de cette séance de pose.
Incroyablement belle.
Cadeau pour vos yeux.
Pour découvrir Marian et son travail, c'est par ici.

05 mars 2013

ma terre...

Une petite semaine.
Seulement quelques jours pour retrouver ma terre bretonne.
Je n'ai rien oublié de sa lumière, de ses côtes sauvages, de ses plages interminables aux dunes blondes, de ses huitres merveilleuses et iodées.
Les souvenirs de mon enfance passée la-bas sont en moi pour toujours, et j'y ai retrouvé mes amis les plus fidèles.
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas retrouvé ma Bretagne, hormis quelques brefs séjours en solo lors de courts voyages malheureusement motivés par la perte d'êtres chers que j'avais laissés là-bas.
Cette fois, c'est accompagnée de mon amoureux et de mes enfants que j'y suis retournée.
Et c'était bon.


























































































































13 février 2013

Blop

" Le xiphophore est un petit poisson de coloration variée, de six à dix centimètres de long, originaire du Mexique, très fécond, et qu’on retrouve fréquemment dans les aquariums, à condition de le mettre dedans. (…) Comme la plupart des poissons, le xiphophore affiche en permanence une expression béate. C’est parce qu’il baise dans l’eau. C’est très très bon pour la béatitude."

Pierre Desproges
Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis / Éditions du Seuil

02 février 2013

Miam !

Ce matin de juin, j’écris dans un transat au fond du jardin anglais que le soleil levant caresse voluptueusement pour en essuyer la rosée. À portée de main, sur un guéridon de paille tressée, le thé aux herbes tiédit à la brise. Le bouvreuil effronté, qui m’espionnait hier déjà, sautille et pirouette à trois pas en stridulant des joliesses absconses dont j’appréhende cependant qu’elles veuillent dire :
" Tire-toi de là bonhomme, que je finisse les miettes de ton croissant qui sont tombées dans l’herbe."
Eh bon, comme l’oiseau, j’ai la plume frivole et baladeuse et tendance à papillonner autour du sujet sans m’y soumettre, voire même à m’en écarter carrément. Ce qui est pénible, avec les livres, je veux dire quand on les écrit, c’est qu’on est plus ou moins poussé à s’en tenir au sujet qu’on prétend traiter. Il faut savoir que cette contrainte est parfois très pénible quand elle s’abat sur un auteur velléitaire par nature, incohérent par goût, et facilement déconnectable par l’imprévu, en l’occurrence ce petit pédé de bouvreuil qui fait rien que frétiller de la queue pour m’empêcher d’aller plus loin.
Dieu merci, quand on se contente de penser au lieu d’écrire, on a parfaitement le droit de sauter du coq à l’âne, sans s’attirer des remarques désobligeantes.
J’aurais dû être dérouleur de pensées plutôt qu’écriveur de bouquins.

 
Pierre DESPROGES - Fonds de tiroir / Éditions du Seuil

Lumière d'hiver, essai non transformé


Manifeste

On m'a dit : "Fais des chansons comme-ci" On m'a dit : "Fais des chansons comme-ça" Mais que surtout ça ne pa...